conscience, calme, paix

Chronique de l’Ailleurs n°29 – A L’INTERIEUR DE SOI

Faire l’expérience pendant une semaine. Pour l’expérience. Par curiosité. Par soif d’absolu. Ne plus parler, méditer pendant des heures, et partir contempler le plus intime, l’espace de silence au plus profond, à l’abri.

Partir, comme pour un voyage lointain. Ou pour une expédition de spéléologie. Avec le matériel incontournable : tapis de yoga, épais coussin, des couvertures, de la crème à étaler sur les parties endolories : dos, genoux, chevilles. Avoir prévenu les proches du départ, de la ligne momentanément coupée. Le luxe de disparaître.

A l’extérieur de la salle, il y a les ouvriers qui s’activent sur leur chantier, il y a les klaxons qu’on perçoit depuis la route, il y a les écureuils qui bondissent sur le toit en métal. Sans oublier les corbeaux qui, à la tombée de nuit, hurlent. Et des voix humaines plus loin qui chantent. Le silence, à l’extérieur, n’existe pas.

A l’intérieur de la salle, la proposition initiale se veut simple. 60 personnes, yeux clos, immobiles. Se focaliser sur la respiration, observer les pensées. Voir surgir les visages des aimés. Revenir sur les problèmes en cours. Songer à la lessive et s’en agacer. Planifier le mois de septembre. S’ennuyer. Rester avec l’ennui, ne pas pouvoir fuir. Faire des comptes, additions, soustractions, multiplications. Le cerveau résiste au silence, invente mille défenses pour rester au cœur de l’action.

Au début, en outre, le corps se rebelle. Des crampes au mollet, une jambe ankylosée, le nez qui gratte. Remuer. Revenir au souffle. Regarder l’heure. C’est long 40 minutes. Surtout qu’après c’est 40 minutes de marche méditative. Poser le pied lentement. Puis l’autre. Toujours faire attention au souffle. Veiller à garder le fil.

Très vite, il se passe quelque chose, pourtant. S’installer dans le silence. C’est reposant de ne pas interagir. Ne pas sombrer dans le blabla, être rassemblé en soi. Percevoir l’inspiration plus profonde. Sentir le corps, étiré par la séance de yoga du matin, se détendre. Constater que le cerveau continue à délirer, mais réussir à ne pas se laisser complètement attraper par le délire. Et puis, régulièrement, toucher à la joie. La joie d’être en vie, de respirer, de porter un tel infini en soi. Savoir que tous les êtres humains abritent ce même infini. Emotion au bord des yeux.

Avec quoi je repars ? Très certainement avec la conscience que je dois encore progresser dans ma pratique de la méditation. Mes pensées restent beaucoup trop envahissantes, fatigantes, répétitives… Mais je célèbre le chemin déjà parcouru car je me sens légère, calme, solide, confiante. Curieuse, également, de voir comment ce silence va poursuivre sa douce infusion en moi.

Et vous, quelle expérience inédite avez-vous tenté en ce mois d’août ? Racontez-moi en commentaire !

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