Mathilde Vermer, écologie, temps de travail

Chronique de l’Ailleurs n°37 – ABRÉGER NOS JOURNÉES ENCOMBRÉES

Pourquoi tant de travail ? Ou plus exactement : pourquoi tant d’heures au travail ? On le sait, la planète est surexploitée, les ressources se tarissent, les écosystèmes exigent de souffler, il faut sortir du productivisme, de l’idéologie de la croissance, il faut inventer d’autres manières de faire tourner nos économies – et de vivre.

Maintenant qu’on a suffisamment pour répondre à nos besoins, maintenant qu’on doit apprendre à diminuer nos besoins, pourquoi continuer à dédier l’essentiel de nos journées aux activités décrites dans nos fiches de poste ?

Et si on envisageait de travailler la moitié de la journée et consacrer l’autre moitié à jardiner, lire, se former, éduquer les enfants, rendre visite aux plus âgés, pratiquer le yoga, se défouler avec du sport, se réunir pour discuter politique, trouver et tester des solutions à nos problèmes sociaux, écologiques, scientifiques ? Et si on s’essayait à la création artistique, à la musique, à la cuisine, à prendre soin de notre santé, à mettre en place des initiatives solidaires pour ceux qui en ont besoin ? Pourquoi s’empêcher de vivre pleinement, pourquoi s’enfermer dans une routine, pourquoi se priver de tant d’expériences qui nourrissent ?

Au XXIème siècle, l’argument financier semble absurde. D’après l’OCDE, notre PIB français a été multiplié par 10 depuis 1950… Jusqu’à quand ce délire de s’épuiser jusqu’au burn out ? Qui, parmi les leaders politiques, économiques, intellectuels, aura le courage de proposer un autre rapport à la production, à la consommation – au temps ? Quels seront les braves qui commenceront à vivre autrement leurs journées, qui nous montreront la voie ?

Vous, comment vous faites pour dompter le passage du temps ? Quelle portion de vos journées vous réussissez à conserver pour goûter à d’autres saveurs ? Mettez un mot en commentaire !