amour, musique, peine de coeur, poésie moderne

Chronique de l’Ailleurs n°39 – PENDANT LE CONCERT

Quand les lumières s’éteignent
Que les ombres même s’évanouissent
Quand sur la scène
La chanteuse apparaît
Sa silhouette, sa souplesse, sa grâce
Quand sa voix grave, profonde, enveloppante s’élève
J’aimerais tant oublier
Quand le son s’empare de l’espace
Dans la musique, s’enrouler
L’émotion, sentir monter
J’aimerais tant pleurer
Ce nœud dans la poitrine
Cette douleur au creux du ventre
Et le fauteuil qui semble trop étroit
Et le fauteuil qui est si froid
Et les pieds qui veulent bouger
Se lever
Le son, sa voix : tanguer
La violence des spots
Être transpercée
Danser
Au bord des yeux
Encore cette envie de pleurer
Le noir comme refuge
Ça fait si mal, l’amour
Fredonner
Tenter de retenir le tremblement
Lui, dans le siège à côté
Si loin
Et la chanteuse qui insiste
You will never know
Tout ce qui ne se rattrapera pas
Tout ce qui est cassé
Ce noir
Dans la salle
Dans mon cœur
Ce noir
Comme dans un puits
Être tombée
Mais pas brisée
La musique
Que peut-elle ?
S’y accrocher, s’y laver, s’y bercer
Pour espérer remonter
Savoir, ressentir, saisir
Que le chagrin nourrit les refrains

Et vous, qu’avez-vous ressenti la dernière fois que vous avez assisté à un concert ? Laissez-moi un commentaire.