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Chronique de Nos Vies n°22 – CUISINER PAR AMOUR

Il y a quatre ans, elle a choisi d’arrêter sa vie de juriste, spécialisée dans le droit d’auteur, une vie salariée, bien payée. Une vie qui lui plaisait pourtant. Mais pourquoi se contenter d’une seule vie ? Il y avait cet autre désir en elle, celui de prendre soin de la planète, un désir venu de l’enfance, car petite déjà, elle s’intéressait au recyclage, aux animaux, aux arbres. Loly a senti qu’il était temps de revenir à cet appel, de prendre le risque du retour à l’essentiel.

La peur ? Comment ça, la peur ? La peur du lendemain, de l’échec, de la solitude, du jugement, du rejet ? Moi, je les connais, je les côtoie, je me débats avec. Mais pas cette femme, calme, menue, regard pétillant, parfois silencieuse, parfois gaie, toujours tranquille. Toutes ces peurs-là, Loly, elle en sourit. Elle les a croisées, sans leur laisser la possibilité de s’accrocher. Elle a préféré entendre d’autres voix, parcourir d’autres chemins, se permettre une plus grande latitude de rêve.

Aujourd’hui, Loly a développé une activité de traiteur végétalien. Elle vend sur les marchés, elle intervient pour des événements, en lien avec l’écologie. Elle dit : « Cuisiner, c’est une forme de méditation – et je fais attention à tout ce qui entoure cet acte. D’abord, comme ma mère me l’a appris, je sélectionne les produits, je suis vigilante à ce que j’achète, à la provenance de mes ingrédients, je décide à qui je donne de l’argent pour faire croître des cultures respectueuses de la terre. Je remercie les agriculteurs qui travaillent pour nourrir les autres, qui nous donnent accès à des légumes et des fruits, colorés, odorants, succulents. Cuisiner, c’est joyeux, créatif, un acte que j’accomplis en conscience, en bienveillance, avec l’envie que ceux qui mangent mes plats y trouvent les ressources pour mener à bien ce qui leur tient à cœur, pour participer à la transformation positive du monde. »

Loly évoque des voyages en Asie, en particulier en Thaïlande, où elle a appris à combiner les saveurs, en jouant sur les herbes parfumées, en mélangeant les épices, en ajoutant des noix, des pois, des graines. L’Asie, c’est le continent où elle respire, l’endroit où elle trouve de l’inspiration. Elle pourrait y vivre, d’ailleurs, un jour. Ce serait une autre page à écrire. Ce goût de l’exploration et de l’indépendance, d’où vient-il ? De son père, sans aucun doute. Un père forain, issu d’une longue lignée de gens nomades, hors des conventions, peu soucieux de mener une vie qui suive des rails préétablis. Quand Loly a lancé son projet, elle a senti combien elle était reliée à cette tradition de liberté et de détachement.

Aujourd’hui, elle se sent en cohérence avec ses valeurs, en harmonie avec les autres et elle-même. Tant pis si les rentrées pécuniaires sont aléatoires, tant pis si le travail est très prenant, elle agit sur une des choses fondamentales pour construire le nouveau monde : l’alimentation. Car, manger, on le fait trois fois par jour. Autant que ce geste ne contribue pas à détruire ni le globe ni notre santé. Manger avec gourmandise, des aliments qui soient sains, c’est tout un apprentissage et c’est le début d’une dynamique vertueuse. Elle cite, au passage, le documentaire « Demain », de Cyril Dion et Mélanie Laurent, dont le chapitre 1 traite de cette question. L’autre domaine dans lequel elle transmet des manières alternatives de procéder ? La gestion des déchets. Car oui, on pourrait limiter la taille de nos poubelles, consommer avec moins de plastique, réparer, réutiliser, faire circuler ce dont on ne veut plus. Un challenge de plus, qu’elle aborde avec peps, confiante, optimiste.

Et vous, comment vous reliez écologie et contenu de votre assiette ? Laissez un mot en commentaire.

Photo Lolypop kitchen