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Chronique de Nos Vies n°23 – L’HOMME QUI FAIT RAYONNER LES FEMMES

Petite, la coiffeuse touchait mes cheveux et s’exclamait : « Comme ils sont épais… comme ta maman ! Quelle chance tu as ! » Je souriais, mi-fière, mi-gênée. Je ne comprenais pas cet enthousiasme sur l’épaisseur du cheveu. En revanche, j’avais bien compris que c’était un héritage maternel : cadeau de la génétique cette chevelure… Sauf qu’à la trentaine, je vois ma tignasse changer : apparaissent des fils blancs. Autre cadeau de la génétique visiblement. Évidemment, ce n’est pas un drame ! Mais si je dois vivre 95 ans comme certaines femmes de ma famille, et bien, je veux profiter encore de ma couleur châtain. Un beau jour, je me décide à pousser la porte d’un salon spécialisé dans les produits naturels et dans la coloration végétale. Je tombe sur Jérémie.

Vous savez, dans la vie, parfois, les étoiles sont alignées : on a le droit au coup de foudre. Pas uniquement dans le domaine amoureux, soyons clairs. Un coup de foudre amical, un coup de foudre professionnel, un coup de foudre lors d’un cours de danse, de yoga, d’espagnol… Vous savez, ce sentiment d’intimité, de complicité immédiate. Jérémie a dit : « je prends votre manteau et je vous emmène au bac »… Une phrase absolument banale et j’ai su que le courant passerait entre nous.

Jérémie, c’est un mélange de gentillesse et de professionnalisme. Quelqu’un de sensible, qui a du goût, quelqu’un qui sait conseiller en respectant la personne en face de lui. Quelqu’un à qui on peut faire confiance. Donc, dès la première fois, alors qu’il se met à étaler une pâte dense et parfumée sur ma tête, on commence à discuter, tout, rien, le cœur et ses raisons, le stress du boulot, métro, dodo, la place de l’écologie dans notre société. C’est fluide, bienveillant, vivifiant. Je repars avec une crinière brillante et l’esprit joyeux.

Depuis, je lui rends visite tous les trois ou quatre mois. J’ai ainsi suivi son installation à son compte, un projet qu’il mijotait depuis cinq ans, et j’ai eu envie de l’interviewer, à cette occasion, pour en savoir plus sur son parcours, ses convictions, sa vision de la beauté. Je n’ai pas été déçue d’approfondir l’échange.

D’abord, j’apprends qu’il démarre ses études avec du design textile. Très vite, il se rend compte que cette branche ne lui convient pas. Par hasard, il s’oriente vers la coiffure, découvre un métier où le lien social est très important, ça lui plait. Par hasard encore, et très vite par passion pour lui qui a grandi près d’une forêt, il est formé à la cosmétique bio, qui n’a pas d’effet secondaire sur le corps, qui ne pollue pas l’eau. A partir de la poudre des plantes, il apprend à fabriquer des colorations uniques, qui embellissent les visages. Parmi ses clientes, certaines sortent d’un cancer, il leur est interdit d’utiliser des produits agressifs. Jérémie est heureux de contribuer à leur rétablissement. Il les aide à retrouver des gestes de beauté, et une image qui atténue les marques de fatigue résultant des traitements.

Aujourd’hui, parmi sa clientèle, dans un quartier de l’est parisien, il y a tous les âges, des métiers très différents, des origines sociales variées. Beaucoup de femmes indépendantes, des artistes, des thérapeutes, des consultantes, fonceuses, volontaires, à la fois coquettes, et tranquilles avec le reflet dans le miroir. Avec les unes et les autres, il est à l’écoute, il conseille : à certaines, d’ailleurs, il recommande de garder le blanc, parce que le blanc est harmonieux, en accord avec le teint.

Toujours, il choisit avec soin les pigments, les shampoings, les crèmes, en sélectionnant minutieusement ses fournisseurs, en contrôlant les chaines de production – leur éthique, leur respect de l’environnement. Jérémie veille à la cohérence. Il applique à lui-même cette exigence, recherche ce qui est durable, ce qui prend en considération l’état actuel de notre planète. Il espère que son pari va s’avérer gagnant, qu’il va convaincre avec son positionnement. Il se donne un an pour que son nouveau salon se fasse une jolie réputation, un an pour arriver à générer assez d’argent et se verser un salaire. En partant, je le regarde avec de l’admiration, aussi bien pour sa sérénité, que pour l’aventure qu’il a démarrée, de tout son cœur, de toute sa flamme.

Et vous, vous avez fait des rencontres incroyables grâce à vos cheveux ? Laissez un mot en commentaire.

> Pour en savoir plus sur Jérémie et son art de la coloration naturelle, RDV sur son site