mathilde vermer auteur

Ecrire pour aller vers soi

Comment je suis devenue animatrice d’atelier d’écriture ?
Par passion !

En 2006, je rentre de Palestine avec un projet de roman. Je viens de passer 5 mois à travailler en ONG et je suis hantée par ce que j’ai vu dans ce pays. Je ne sais pas par où commencer, je sens que ma plume résiste, que les mots m’échappent.

Par hasard, je tombe sur Aleph-Ecriture. Je m’inscris pour un atelier découverte… Un choc ! Je n’en dors pas de la nuit ! Je découvre un dispositif incroyablement vivant où chaque personne autour de la table a une place et une voix, je découvre que chacun a de fabuleux récits à poser sur le papier, je découvre une manière d’animer à la fois conviviale et exigeante, je découvre qu’on peut lire autrement les écrivains, qu’ils sont de formidables ressources quand on écrit. C’est un coup de cœur ! Dès cet instant, j’ai l’intuition que je vais continuer à fréquenter des ateliers d’écriture et que je vais me former pour en animer. Par la suite, j’ai suivi tout un parcours au sein d’Aleph, pour me frotter à divers genres littéraires, aiguiser mon écoute des textes, apprendre à faire vivre la dynamique de groupe au sein d’un atelier.

En parallèle, j’ai été me confronter au milieu de l’édition. J’ai fait de belles rencontres, des gens qui m’ont fait avancer, qui m’ont permis de gagner en intensité et en singularité dans mon écriture. Sur ce chemin, j’ai aussi publié mon roman, participé à des rencontres dans des librairies et des salons, écrit une pièce de théâtre qui a été jouée, et là je suis plongée dans l’écriture de mon second roman.

J’anime depuis 6 ans maintenant – et j’anime avec toute la richesse de ma propre pratique d’écriture. Écrire, ça fait surgir des questions et des hésitations, on trouve des éléments de réponse petit à petit, en persévérant, en tâtonnant, en explorant. C’est à partir de cette expérience que j’accompagne d’autres personnes dans cette aventure d’attraper et de condenser la vie dans des mots.

Aujourd’hui, je continue à avoir la même passion pour ce dispositif. J’aime entendre la littérature qui nait sous le stylo des participants. Au fond, j’ai la conviction que nous sommes tous habités par un fracas de littérature. Les histoires que chacun porte, c’est la part la plus intime de soi, les douleurs et les bonheurs, les routes escarpées, les héritages souterrains, les rêves qui permettent de continuer à mettre un pied devant l’autre. Je crois que c’est important qu’il y ait des espaces dans la Cité où les uns et les autres peuvent déposer leurs mots, où il y ait cette profondeur de partage. Je crois aussi qu’on apprend énormément sur soi en écoutant ce que dit notre écriture. Il me semble, et cela n’engage que moi, qu’on vit mieux en écrivant, on est comme plus vaste et plus léger à la fois.

La suite de l’interview sur le site de l’Inventoire :
http://www.inventoire.com/portrait-danimateur-mathilde-ver…/

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