Mathilde vermer / Simone de Beauvoir

NOUS REINVENTER – PISTE 13 : S’AFFIRMER FEMINISTE

Au Brésil, le changement de gouvernement a été rapide. Si bien que certains contestent la légitimité de ceux qui tiennent les rênes de l’exécutif désormais. Je ne suis pas une spécialiste de ce pays, mais je sais regarder une photo. Et sur la photo de la nouvelle équipe, il n’y a pas de femme. Je lis aussi qu’il n’y a plus de ministère de la culture… Et hop, les filles, les artistes dehors…

En France, ces jours-ci, pas question de mettre sous silence la question des femmes. L’affaire Baupin, cinq ans après l’affaire DSK, a déclenché une rafale de témoignages. En politique, dans les entreprises, dans toutes les sphères où il y a du pouvoir, les femmes racontent ce à quoi elles se heurtent encore, les commentaires sexistes qu’il faut accepter, cet humour désobligeant, humiliant, et parfois ces actes qui nient leur intégrité physique… J’ai avalé tous ces témoignages en pensant à mes propres aventures, en reconnaissant mes propres douleurs. Je suis sidérée par l’étendue de cette réalité, si peu évoquée d’habitude, si scandaleuse, si destructrice.

Et en même temps, par rapport à 2011, je mesure le chemin parcouru. Les femmes n’ont plus envie de se taire, les femmes n’ont plus envie de faire comme si c’était normal d’affronter de la misogynie. Les femmes veulent que la société bouge : ça suffit cette fierté idiote qui revendique comme un des éléments du patrimoine gaulois cette figure du goujat séducteur ! Les femmes veulent la place à laquelle elles ont le droit d’accéder, être traitées en égal, que leurs compétences et leurs talents soient reconnus, vus, entendus, comme tous ceux des citoyens masculins qui peuplent le territoire.

Personnellement, j’ai un engagement féministe qui remonte à loin, à mes années d’étudiante… Assister à cette prise de conscience, à cette mobilisation, cela me réjouit. Car oui, la route est encore longue et le changement de mentalité, c’est essentiel. Dans cette optique, la demande de nombreux profs que les programmes scolaires, en littérature, incluent davantage de femmes auteures me semble également bienvenue. Lire Marguerite Duras, Simone de Beauvoir, Annie Ernaux, Toni Morrisson, Charlotte Delbo, Karen Blixen, Alice Munro, Arundhati Roy et les autres, c’est contribuer à façonner une humanité plus vaste, plus ouverte, plus respectueuse qui englobe, qui élargit les expériences vécues sur cette planète.

Au fait, dimanche prochain, c’est la fête des mères : et si c’était l’occasion de célébrer les femmes dans la diversité de leurs rôles ? Comment célébrer cela, comment sortir de l’image étroite de la mère qui s’épanouit tellement dans ses gâteaux et le soin aux enfants ? C’est très simple : offrez de la littérature, offrez aux femmes les auteures que je viens de citer !!!

D’ailleurs, vous, parmi ces ladies, vous aimez lire qui ?

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