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NOUS REINVENTER – PISTE 20 : REITERER UN VOEU

Mercredi, j’avais commencé à écrire un billet sur le 14 juillet. J’avais prévu de l’intituler « Lever la tête vers le ciel coloré, dans une nuit noire d’été ». Mon texte commençait par ces lignes : « Feux d’artifice pour célébrer une unité nationale, la valeur qu’on accorde aux droits humains, les efforts qu’on engage pour fonctionner aussi bien que possible comme une démocratie. Célébrer : rituel essentiel pour créer du lien, s’encourager mutuellement et poursuivre le chemin. » J’avais envie de dire l’importance de se réjouir ensemble, alors que les derniers mois, la machine s’est affolée, l’engrenage infernal de la catastrophe a envahi nos têtes et nos corps.

Jeudi, hier donc, j’avais prévu de finir, relire, mettre en ligne mes phrases. Et voilà que dans le train, j’ai été happée par le merveilleux et terrible récit de Lionel Duroy, « Le chagrin ». J’ai lu 250 pages sans m’arrêter, dans un TGV lancé à 300 km/heure vers Barcelone.

Ce matin, il y a la nouvelle de Nice, ce chiffre, 84, qui résonne avec le bouquin de George Orwell, il y a ces images, le camion blanc, la foule qui court, des parents qui serrent très fort leurs petits dans leurs bras, il y a la stupéfaction, la sidération, le silence.

Ce matin, je vois la couverture du livre que je lisais hier. Son titre en deux mots, laconique, si simple, qui résume tout. Aujourd’hui, j’ai un immense chagrin, pour tous les gens qui sont morts, et pour nous tous, vivants et muets, face à cette folie qui persiste, se multiplie, se fait de plus en plus vicieuse dans sa forme, dans ses cibles, dans son cynisme.

Ce soir, je n’ai toujours pas de mot, je ne sais pas où chercher une parole qui réchauffe, je n’ai ni énergie ni imagination pour en bricoler une. Alors ce soir, je vais recopier ce que j’ai écrit dans la nuit du 13 au 14 novembre dernier, au retour d’une soirée de peur : « je prie pour que nous, en tant que société, gardions notre calme, demain et dans les semaines qui arrivent. À nous de jouer, à nous de ne pas sombrer dans le chaos des angoisses, à nous d’inventer un lendemain porteur de paix et d’espoir… Pourvu que le soleil revienne vite dans nos cœurs ! »

Ce soir, enfin, je décide de garder la photo que j’avais choisie, les couleurs d’un feu d’artifice qui arrache l’émerveillement des enfants, parce que les feux on doit encore les tirer, non les larmes aux yeux, mais en prévision de notre nécessaire victoire contre la haine.

A nous de jouer, à nous tous, à vous et à moi, tel est mon vœu.

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