
Chronique de l’Ailleurs n°22 – JAWAHARLAL NEHRU UNIVERSITY, NEW DELHI
Soudain, une main se pose sur mon bras, je sursaute, me retourne, la voit. Elle éclate de rire.

Soudain, une main se pose sur mon bras, je sursaute, me retourne, la voit. Elle éclate de rire.

C’est l’époque dont je me souviens si peu, trop de gris, et pourtant ce qui me sauve de l’ennui, des colères paternelles, des absences maternelles, c’est mon amitié fusionnelle avec Céline.

Souvent, quand je mange, je pense à lui. Je goûte et je me dis : il manque quelque chose dans cette sauce… Je rajoute du sel ?

J’avais envie de plus que les parois de l’aquarium. J’avais envie de me prendre pour Cousteau, de partir sur ses traces dans ce monde sous la mer.

Il fait si beau. J’aurais adoré m’allonger dans l’herbe, fermer les yeux, dormir. J’aurais adoré profiter du soleil pour marcher, dans la ville, dans la montagne, au bord du lac.

Il a frôlé mon bras, en passant, et j’ai ressenti une décharge électrique. Personne, jamais, n’avait provoqué un telle réaction sur mon épiderme.

Une voix me disait qu’il fallait finir l’aventure ici, dans la Cité de la Joie. Auprès de l’héroïne des pauvres, chez Mère Teresa.

Et je ne sais pas quoi lui dire, moi qui ne connais rien de son histoire, son périple jusqu’ici, ses galères.

Au-delà du petit papier qu’on va glisser dans l’urne dimanche, il est temps pour chacun de nous de faire sa part de colibri, de contribuer à éteindre l’incendie, de trouver des voies, chacun où on est, avec les moyens du bord, pour colmater les brèches, bâtir des ponts, participer à l’espoir.

Et si on essayait de lister ce qu’on a envie de vivre, ensemble, pour demain, au lieu de s’entre-tuer ?