
Chronique de Nos Vies n°28 – CELLE QUI DÉCROCHE MÉDAILLES ET ÉTOILES
Elle soulève sa manche, contracte son bras et ses biceps apparaissent. J’ouvre de grands yeux.

Elle soulève sa manche, contracte son bras et ses biceps apparaissent. J’ouvre de grands yeux.

Bangalore la bouillonnante, avec ses dix millions d’habitants, avec son effervescence du quotidien, lui manque. Bangalore, malgré sa chaleur intense, sa pollution asphyxiante, elle ne peut pas l’oublier.

Bombay chaque jour change. La cité incarne cette Inde moderne, chaotique et pleine d’énergie, qui fourmille, qui pétille, impatiente de goûter à toutes les opportunités ouvertes par les nouvelles technologies et par cette économie bouillonnante.

Comment peut-on nier ce qui se passe aujourd’hui sur la terre, notre maison ? Combien de temps avant de décider de faire de notre problème climatique collectif une absolue priorité ?

Faire l’expérience pendant une semaine. Par soif d’absolu. Ne plus parler, méditer pendant des heures, et partir contempler le silence.

Cet été, je fréquente un ashram, un endroit où les gens viennent pour avancer dans leurs pratiques spirituelles.

Heureuse d’avoir été témoin de comment le monde peut aussi changer, vers le mieux, vers le fraternel.

Les divinités du panthéon indien sont vus comme des alliés. Puisque le chemin est tumultueux, que souvent les choses nous échappent, il faut demander un coup de main à l’invisible.

Peu à peu, s’imprégner de lenteur, la glisser dans les gestes habituels pour manger, marcher, se laver. Le corps, enveloppé dans la chaleur, se laisse docilement fondre dans ce rythme.

Je guette le ciel. Pas de lune. Pas d’éclairage public. Un frisson me parcourt. Est-ce vraiment une bonne idée de partir maintenant ?