
Chronique de l’Ailleurs n°9 – JADIS, EN TERRITOIRE LOINTAIN
Un détour par un conte, par l’histoire du roi Victor, pour parler politique : « Si tu veux que ton pays se relève, tu dois enseigner à ton peuple l’Amour »

Un détour par un conte, par l’histoire du roi Victor, pour parler politique : « Si tu veux que ton pays se relève, tu dois enseigner à ton peuple l’Amour »

En 2005, je suis partie travailler pour une ONG en Cisjordanie. En mars 2012, est sorti mon roman « Après Ramallah », inspiré de cet épisode de ma vie.

Je suis partie à Lyon. En voiture. Pas la mienne. Une dont je ne me rappelle ni de la marque ni de la couleur. Je suis montée dedans, avec 3 autres personnes que je ne connaissais pas.

Je place ma tête dans mes chaussures et tout s’apaise. Je reviens dans cet ailleurs immédiatement accessible, cet ailleurs qui est ici, cet ailleurs qui ne connaît pas l’appréhension du futur.

Sentir le poids de mon corps s’enliser. Faire un effort pour m’en extraire, avancer, suivre mes compagnons. Protégés, enveloppés par la neige, sa couleur laiteuse, sa texture tendre, à l’abri, dans le silence.

Je reviens d’un long voyage en Asie du Sud-Est, et je flotte encore là-bas. Le bonheur exige-t-il une forme de fuite, ou du moins une dose d’évasion ?

Aller vers cet ailleurs que nous portons dans notre cœur, ce territoire fait du meilleur de nous-même, nos espoirs, nos ressources.

Partir loin, aller m’enivrer d’autres odeurs, saveurs, couleurs. Guetter le jeu du soleil à d’autres endroits de la terre. Observer comment ailleurs ça fonctionne.

Donc c’est la fin. La fin de 2016, cette année qui a multiplié les coups de théâtre et les profonds bouleversements.

Abdiquer ? Se dire que c’est foutu, que les dés sont jetés, qu’on connaîtra forcément l’effet domino ? Non ! Surtout pas ! Agir, et tenir haut l’espoir.