
Chronique de l’Ailleurs n°44 – TROIS SCÈNES URBAINES
Je le vois partout. Au coin d’une rue, sur un quai de métro, dans les rayons du supermarché. Je crois reconnaître son allure, son visage, ses vêtements.

Je le vois partout. Au coin d’une rue, sur un quai de métro, dans les rayons du supermarché. Je crois reconnaître son allure, son visage, ses vêtements.

Il y a cinq ans, à cette même époque d’automne, j’étais quelque part entre Buenos Aires et la Patagonie. Ce matin, des souvenirs sont venus me taquiner.

Je me souviens, petite, avoir souvent observé le reflet d’Elise, fascinée par ses gestes, par sa féminité.

Frapper, entendre sa voix, ouvrir, la trouver bien calée dans son fauteuil, en train de noter quelques mots sur la séance précédente.

Quand le son s’empare de l’espace
Dans la musique, s’enrouler
L’émotion, sentir monter

Il faut être seule et vulnérable pour s’ouvrir à un pays. Il faut laisser derrière soi ce qui fait son identité, devenir cœur, oreille, œil, sensibilité et sensations.

Pas de dentelle, pas de frou-frou, une robe avec des lignes, qui ne transforme ni en princesse ni en poupée, une robe comme un costume pour entrer en scène, pour jouer pleinement le rôle.

Faire l’expérience pendant une semaine. Par soif d’absolu. Ne plus parler, méditer pendant des heures, et partir contempler le silence.

Cet été, je fréquente un ashram, un endroit où les gens viennent pour avancer dans leurs pratiques spirituelles.

Heureuse d’avoir été témoin de comment le monde peut aussi changer, vers le mieux, vers le fraternel.