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NOUS REINVENTER – PISTE 34 : SE DONNER LES MOYENS DE VIVRE SON RÊVE

L’écriture est sa priorité absolue, son Alpha et son Omega. Résultat : en six ans, elle a publié 20 livres (romans, essais, histoires pour enfants & ados). Elle a également publié dans des revues et elle n’a jamais délaissé son blog, un des blogs littéraires les plus connus aujourd’hui, où elle partage ses lectures. Sans compter les ateliers d’écriture qu’elle anime en milieu scolaire et les salons sur lesquels elle rencontre ses lecteurs.

Mais comment elle fait, SOPHIE ADRIANSEN, pour caser autant de trucs dans son emploi du temps ? Quelle routine d’écriture a-t-elle mise au point pour susciter pareille créativité et production ? Rencontre détonante avec une auteure qui a trouvé sa recette pour vivre son rêve d’écrivain.

Plusieurs projets en même temps pour contourner les blocages

Je travaille toujours sur plusieurs livres en parallèle. Je me suis rendu compte que c’est comme cela que j’arrivais à rester dans une écriture fluide et sans douleur. Je travaille sur chacun de mes projets tous les jours. J’avance, dans les uns et les autres, en fonction de ce que je ressens. Une scène me vient pour tel roman : je n’attends pas pour la poser sur le papier. Et quand, sur une autre histoire, je me sens entravée, parce qu’il me manque une idée pour poursuivre ou parce qu’un personnage m’échappe, j’arrête. Pareil pour les billets de mon blog, je les écris quand ils sont mûrs, alors que j’ai pris le soin de relever quelques citations pendant la lecture. De manière générale, sauf date butoir à respecter, je ne force rien. J’écris quand j’ai quelque chose à dire, ce qui me permet d’être efficace, et je reviens toujours sur mes écrits dans une seconde phase. Je laisse les choses travailler en moi et je reste à l’écoute de ce qui me traverse.

J’ai une routine quotidienne et, en même temps, je sais être flexible

En général, le matin est consacré à tout ce qui est administratif (planifier les rencontres, préparer les ateliers, relire et signer mes contrats d’édition, établir des factures, alimenter mon blog) et l’après-midi, j’écris. Le soir avant de dormir, le week-end, dans le train, je dégage du temps pour lire. Cela dit, cette routine n’est pas gravée dans le marbre. Il y a les déplacements pour les salons, ateliers, évènements en librairie. Et puis, il y a mon bébé, né début 2016. Je m’adapte en permanence. Mais, je constate aussi que je me nourris beaucoup de toute cette vie, toutes ces heures où je n’écris pas. Tout ce qui me détourne de mon ordinateur, au final, vient infuser dans mes textes. Ainsi, je ne connais pas le regret d’être à tel ou tel endroit plutôt que devant mon bureau. Le seul truc auquel j’ai renoncé en devenant maman, c’est ma séance de yoga quotidienne. Elle est devenue hebdomadaire…

Comment je fais pour tenir le cap ?

D’abord, j’ai la chance d’avoir un compagnon qui a compris ce besoin d’écrire. Au quotidien, on se partage les choses pour que je puisse préserver du temps à ce qui est mon essentiel. Par ailleurs, je mange pour vivre plutôt que l’inverse, je ne suis pas dans une quête obsessionnelle de l’ordre, la maison est vivante et c’est très bien ainsi. Et puis, je profite d’une pause cigarette, ou du lave-linge à vider pour passer d’un projet à un autre. De courtes pauses me permettent de faire sas, de m’aérer et d’enchainer sur une autre dynamique, un autre contexte. Par ailleurs, je suis vigilante à ne pas me laisser absorber par les réseaux sociaux. Je les visite depuis mon téléphone car j’ai remarqué que je limitais ainsi ma procrastination.

Le bonheur d’écrire comme carburant et comme boussole

Pour moi, si quelqu’un n’a pas de place dans sa vie pour l’écriture, c’est que celle-ci n’a pas tant d’importance. Et c’est tout à fait respectable. Il n’y a pas à s’obliger à faire de la place à tout prix à l’écriture, la peinture, la musique, etc. Dans mon cas, cela s’est imposé et j’ai procédé à des changements radicaux pour organiser mon temps et mon quotidien autour de l’écriture. J’ai bien conscience que c’est un privilège d’arriver à gagner sa vie en écrivant (en littérature jeunesse, ce sont surtout les rencontres qui sont source de revenus). Il m’a fallu plusieurs années de persévérance et de labeur pour y parvenir, pour bâtir cette existence qui me ressemble.

Des figures emblématiques comme ressources

Mes modèles ? J’en ai notamment deux : Susie Morgenstern et Lionel Duroy. La première est super prolifique parce qu’elle a ce don d’utiliser tous les épisodes du quotidien, tous les détails du réel pour en faire du matériau littéraire. Sa force, c’est sa capacité d’observation. Comme elle, j’observe et je fais fiction de tout. Le second, pour moi, c’est le pape de l’autofiction. Et ce qui me m’inspire vraiment, c’est la liberté qu’il a fait sienne. Ecrire est son remède à ses blessures, tant pis si cela ne plait pas à ses proches. Il ne cherche pas l’approbation, il écrit par nécessité de guérir. Je trouve très beau son courage, et bien sûr, j’adore ses livres !

Interview de #SophieAdriansen par #MathildeVermer

CREDIT PHOTO : Melania Avanzato pour Fleuve Editions

PS : Vous souhaitez en savoir plus sur ses écrits ? RDV sur son site : http://www.sophieadriansen.fr/
Et pour son blog, c’est par là :
https://sophieadriansen.wordpress.com/

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