
Chronique de l’Ailleurs n°47 – VERS 2018
Terminer une année et se donner le droit, un court instant, de se retourner. Se concentrer sur le positif, inlassablement, car même dans la douleur, il y a quelque chose à apprendre, une occasion de grandir.
Une série de chroniques pour voyager autour du globe, mais aussi pour explorer ce territoire fait du meilleur de nous-même, nos espoirs, nos ressources, notre capacité à tendre la main à l’inconnu.

Terminer une année et se donner le droit, un court instant, de se retourner. Se concentrer sur le positif, inlassablement, car même dans la douleur, il y a quelque chose à apprendre, une occasion de grandir.

Je reprends mes quartiers à Paris. Paris où je suis née, Paris où j’ai grandi, Paris que j’ai besoin de quitter, Paris que j’adore retrouver.

Le blues : émotion des derniers jours. J’ai du mal à écrire, du coup. Alors, j’ai farfouillé dans mon ordinateur et je suis tombée sur ce texte, façon mode d’emploi parodique, que j’ai écrit il y a plusieurs années.

Je le vois partout. Au coin d’une rue, sur un quai de métro, dans les rayons du supermarché. Je crois reconnaître son allure, son visage, ses vêtements.

J’écris. Sur le papier, surgit une histoire qui n’a rien à voir avec celle que j’imaginais. Il est question de juifs pendant la guerre, de juifs qui se cachent, de juifs qu’on arrête.

Il y a cinq ans, à cette même époque d’automne, j’étais quelque part entre Buenos Aires et la Patagonie. Ce matin, des souvenirs sont venus me taquiner.

Je me souviens, petite, avoir souvent observé le reflet d’Elise, fascinée par ses gestes, par sa féminité.

Frapper, entendre sa voix, ouvrir, la trouver bien calée dans son fauteuil, en train de noter quelques mots sur la séance précédente.

Quand le son s’empare de l’espace
Dans la musique, s’enrouler
L’émotion, sentir monter

Est-ce que c’est vraiment neuf, comme dénonciation ? Est-ce que les hommes « normaux » découvrent ce que subissent les femmes de leur entourage ?