
Chronique de l’Ailleurs n°27 – KOMALIKUDI, DISTRICT D’IDUKKI
Heureuse d’avoir été témoin de comment le monde peut aussi changer, vers le mieux, vers le fraternel.
Une série de chroniques pour voyager autour du globe, mais aussi pour explorer ce territoire fait du meilleur de nous-même, nos espoirs, nos ressources, notre capacité à tendre la main à l’inconnu.

Heureuse d’avoir été témoin de comment le monde peut aussi changer, vers le mieux, vers le fraternel.

Les divinités du panthéon indien sont vus comme des alliés. Puisque le chemin est tumultueux, que souvent les choses nous échappent, il faut demander un coup de main à l’invisible.

Peu à peu, s’imprégner de lenteur, la glisser dans les gestes habituels pour manger, marcher, se laver. Le corps, enveloppé dans la chaleur, se laisse docilement fondre dans ce rythme.

Je guette le ciel. Pas de lune. Pas d’éclairage public. Un frisson me parcourt. Est-ce vraiment une bonne idée de partir maintenant ?

Je me souviens de ce sentiment, très vite, d’aller mieux sur cette terre. Comme débarrassée d’une vieille peau, des traces de la tristesse, des failles qui détournent de l’essentiel.

Soudain, une main se pose sur mon bras, je sursaute, me retourne, la voit. Elle éclate de rire.

C’est l’époque dont je me souviens si peu, trop de gris, et pourtant ce qui me sauve de l’ennui, des colères paternelles, des absences maternelles, c’est mon amitié fusionnelle avec Céline.

Souvent, quand je mange, je pense à lui. Je goûte et je me dis : il manque quelque chose dans cette sauce… Je rajoute du sel ?

J’avais envie de plus que les parois de l’aquarium. J’avais envie de me prendre pour Cousteau, de partir sur ses traces dans ce monde sous la mer.

Il fait si beau. J’aurais adoré m’allonger dans l’herbe, fermer les yeux, dormir. J’aurais adoré profiter du soleil pour marcher, dans la ville, dans la montagne, au bord du lac.