
2024 / 12 : REGARDER EN FACE
Comme il est confortable de se débarrasser de sa propre responsabilité, comme il est facile de jouer la carte du rejet, de l’humiliation, de la brutalité. Désagréable de regarder en face cet aspect de la nature humaine.
Une série de chroniques sur le changement, vécu non comme un fardeau, une épreuve subie, mais comme un appel intime, comme une voie vers une vie pleine.

Comme il est confortable de se débarrasser de sa propre responsabilité, comme il est facile de jouer la carte du rejet, de l’humiliation, de la brutalité. Désagréable de regarder en face cet aspect de la nature humaine.

Vient l’heure de repenser le rapport à la vie, réfléchir au pourquoi de son incarnation terrestre. Revenir aux enseignements de l’antiquité grecque ?

À quoi rêver désormais ? Si on abolit les promesses trompeuses du consumérisme et du progrès technologique, à quoi se raccrocher pour espérer une vie bonne ?

Trente années se sont écoulées. Par la magie des réseaux sociaux, le contact se renoue. Et me voilà à Porto, où elle habite désormais avec ses filles. Un dîner est organisé.

Dans les prochaines décennies, alors que des changements délicats se profilent, la question de la latitude de nos choix se posera avec une acuité plus douloureuse. Si on perd le contrôle sur nos vies, comment tenir ? Avec quel moteur avancer ?

Quel choc de le rencontrer ! Six troncs, 40 mètres de hauteur, l’arbre en impose. Mon battement de cœur s’accélère, une vague de chaleur m’envahit.

Quelle est l’essence de l’acte d’écriture ? Si on admet qu’il y a un processus préliminaire à la publication, de quoi est-il vraiment question quand on pose des mots sur le papier ?

Jusque tard dans la matinée, ils chantent. Un chœur d’oiseaux, logés dans l’arbre voisin, qui me rappellent que le printemps arrive. C’est la première année que je perçois si nettement les gazouillis joyeux.

Apparaissent des symboles de chevaux, de bouquetins et même de pingouins. Des empreintes ancestrales qui dévoilent un lieu sacré, et racontent une Provence inconnue, bousculée par une ère glaciaire.

Scène usante sur les réseaux sociaux : une publication d’actualité, en dessous des commentaires nombreux, aigris, dogmatiques, belliqueux – derrière un écran, facile de calomnier, de bafouer l’altérité. Soupirs découragés : ce besoin tenace d’avoir raison, comment le dépasser ?