
Chronique de Nos Vies n°8 – LA CHIRURGIENNE BLESSÉE
Déchirement : Yasmina répète ce mot plusieurs fois et le mot devient palpable. Il franchit l’espace de la table, il m’atteint en plein cœur.

Déchirement : Yasmina répète ce mot plusieurs fois et le mot devient palpable. Il franchit l’espace de la table, il m’atteint en plein cœur.

Sa quête, par tous les canaux qu’Anne a pu explorer, c’est de trouver sa liberté et son message.

Pourtant, ce n’était pas gagné entre elle et moi, cette liberté de ton, cette intimité, cette confiance. C’est un coup de foudre tardif. Francine est la cousine germaine de ma grand-mère.

Du bout des doigts, comme si elle retirait des grains de poussière, elle retire et elle jette un peu plus loin ce qu’elle retire et que je ne vois pas.

Coline raconte son métier. Comment elle décrypte les muscles et les conduit vers le relâchement. Comment elle-même navigue dans un état proche de la méditation, un état de grand calme, pour masser.

Il y a quelques temps, mon appart a été cambriolé. J’ai convoqué un serrurier sans attendre. Est arrivé ce jeune gars, sympathique, la trentaine, rond comme un nounours.

Je me souviens, petite, avoir souvent observé le reflet d’Elise, fascinée par ses gestes, par sa féminité.

Frapper, entendre sa voix, ouvrir, la trouver bien calée dans son fauteuil, en train de noter quelques mots sur la séance précédente.

Est-ce que c’est vraiment neuf, comme dénonciation ? Est-ce que les hommes « normaux » découvrent ce que subissent les femmes de leur entourage ?

On le sait, la planète est surexploitée, les ressources se tarissent, les écosystèmes exigent de souffler, il faut sortir du productivisme, de l’idéologie de la croissance, il faut inventer d’autres manières de faire tourner nos économies – et de vivre.