
Chronique de Nos Vies n°17 – LES HOMMES DE MAI
Dans l’air, flotte le mot révolte. Ce n’est pas encore un parfum étourdissant, pas encore un bruit assourdissant, c’est une image qui traverse notre inconscient collectif.

Dans l’air, flotte le mot révolte. Ce n’est pas encore un parfum étourdissant, pas encore un bruit assourdissant, c’est une image qui traverse notre inconscient collectif.

Souvent, flotte dans leur regard un mélange de désespoir et d’angoisse. Odile les fait asseoir, elle les écoute, puis elle cherche comment les aider.

Lucie est désormais une artiste reconnue, travaillant sans relâche sur un immense projet – une artiste qui a su tracer sa route après les beaux-arts, après les galères, après avoir longtemps cherché le moyen adéquat d’exprimer ce qu’elle porte de singulier.

Il faut imaginer la violence qu’elle affronte à chaque instant, dans son quotidien, en Afrique du Sud. Le mépris, l’humiliation, la peur : voilà l’horizon pour une jeune femme à la peau sombre.

Tous les mouvements désormais, elle les fait en sens inverse, exprès. Les rires se multiplient. Et Stéphanie savoure chacun de ces rires, elle savoure d’être sous les projecteurs et de faire le clown.

Anxieuse parce qu’elle est seule, parce qu’elle n’a aucun détail sur cet endroit où elle débarque, parce qu’elle ne connaît personne dans la ville…

Déchirement : Yasmina répète ce mot plusieurs fois et le mot devient palpable. Il franchit l’espace de la table, il m’atteint en plein cœur.