2026 / 1 : L’ÉTINCELLE
Une petite voix chuchote : pour retrouver de l’élan, invite le changement. Sur le papier, la proposition parait évidente. Mais concrètement ?
Une petite voix chuchote : pour retrouver de l’élan, invite le changement. Sur le papier, la proposition parait évidente. Mais concrètement ?

Humeurs d’automne, au diapason des feuilles qui tombent, quand la saison pousse à se défaire de la fraicheur périmée, quand le sentiment de perte serre le cœur, quand le blues envahit l’esprit. Coup de mou. C’est la vie… Pour connaître des hauts, il faut accepter de vivre des bas.

Nous avons besoin d’un horizon neuf, détaché des réflexes rigides du passé. Tout comme nous avons besoin de lumière et de poésie pour récupérer une dose de confiance et l’envie d’agir ensemble.

A l’heure de la reprise, je pense à vous qui me lisez. Peut-être que vous connaissez une situation similaire, cette expectative inconfortable…

Quand mes cellules ont besoin d’une dose supplémentaire de joie, je me débrouille pour repartir dans un lieu où je vais avoir l’occasion de me perdre. Juste pour découvrir qui se placera sur ma trajectoire.

Le Chemin fait le cadeau de laver les soucis dans l’effort physique, dans la rencontre, dans la beauté. Immersion d’un corps dans la force des éléments, griller au soleil, s’envoler avec le vent, tremper dans une fontaine, courir pour échapper à l’averse, guetter l’ombre, grogner parfois, plaisanter régulièrement, avancer toujours.

Depuis des années, ma grand-mère Nicole me parle de cette folle histoire, qui attrape et hypnotise. Entre les lignes, je comprends qu’elle, avec ses cheveux blancs et ses soixante-treize ans, elle dont le quotidien est devenu si calme, éprouve une admiration irrépressible pour la protagoniste, inapte aux compromis et aux convenances.

« Ils pourront couper toutes les fleurs, ils n’empêcheront pas le printemps ! » a écrit Pablo Neruda en 1973 – soulignant combien la force du vivant alimente une ardeur subversive.

Il y a tellement d’occasions où l’on se met en travers de son propre bonheur, son expansion, son rayonnement. Mais est-on condamné à rester son propre adversaire ?

Au cours d’une existence humaine, avec forcément son lot d’épisodes sombres, se joue régulièrement une lutte intime pour s’accrocher au désir de vivre. N’est-ce pas la plus difficile des luttes ?