
2022 / 21 : LE BON CHOIX
La rentrée me place face à une série de choix. La clarté me manque. Quand le canal se brouille, je me retrouve face au doute. Inconfortable le doute. Mais pas complètement inutile.

La rentrée me place face à une série de choix. La clarté me manque. Quand le canal se brouille, je me retrouve face au doute. Inconfortable le doute. Mais pas complètement inutile.

Comment garder un bout d’esprit vacances quand la gestion du temps reprend sa course millimétrée ? Quand les gros titres nous rappellent que l’heure est grave ? Comment résister à la peur, cette émotion grise et gluante qui a le don de paralyser ?

Au-delà du travailleur, du parent, du bénévole dans une association, au-delà de toutes les étiquettes, de tous les discours huilés, nous avons une âme. Audacieuse, joueuse, rieuse.

Soudain, je me lève, prends place devant le groupe. Je tourne la tête et plante mon regard dans celui de Myriam : tu chantes avec moi ? Elle acquiesce, comme si elle attendait la question. Elle me rejoint, ferme un instant les yeux, concentration.

Alexandra David-Néel vivra 100 ans. Une vie intense, vécue les yeux grands ouverts, poussée par sa curiosité, son courage, sa liberté, pressée par son envie d’accéder à la vérité, percer les mystères, traverser cette frontière fine entre visible et invisible.

Dans chaque texte, il y avait des phrases qui répondaient directement à la conversation, qui procuraient un éclairage neuf et fabuleusement pertinent à des soucis évoqués. Stupéfiant de constater la résonance et la profondeur que présentaient les mots poétiques.

Je me rends compte de tout ce que je vais devoir acquérir comme compétences techniques et comme langage pour devenir une vraie pro du micro. Leçon d’humilité – pas complètement confortable.

Mon corps sait que la femme ne rigole pas, qu’elle est habitée de pulsions carnassières, et que l’homme est en danger. Dans les filets de pareils prédateurs, il est impossible de se défendre.

Et me voilà qui récupère des notes sur mon téléphone, comme d’un grimoire lumineux, et je lui lis plusieurs fragments, comme une réponse à Tagore, comme une réaction à son élan, comme une manière délicieusement désuète de jouer avec le trouble.

Oui, nous vivons dans un monde chaotique. Bizarrement, c’est une bonne nouvelle. Parce que le chaos est le temps de l’initiation, de la croissance intérieure, de l’intuition.