
Chronique de l’Ailleurs n°31 – PHOTOGRAPHIES DU SRI LANKA
Il faut être seule et vulnérable pour s’ouvrir à un pays. Il faut laisser derrière soi ce qui fait son identité, devenir cœur, oreille, œil, sensibilité et sensations.

Il faut être seule et vulnérable pour s’ouvrir à un pays. Il faut laisser derrière soi ce qui fait son identité, devenir cœur, oreille, œil, sensibilité et sensations.

Pas de dentelle, pas de frou-frou, une robe avec des lignes, qui ne transforme ni en princesse ni en poupée, une robe comme un costume pour entrer en scène, pour jouer pleinement le rôle.

Faire l’expérience pendant une semaine. Par soif d’absolu. Ne plus parler, méditer pendant des heures, et partir contempler le silence.

Cet été, je fréquente un ashram, un endroit où les gens viennent pour avancer dans leurs pratiques spirituelles.

Heureuse d’avoir été témoin de comment le monde peut aussi changer, vers le mieux, vers le fraternel.

Les divinités du panthéon indien sont vus comme des alliés. Puisque le chemin est tumultueux, que souvent les choses nous échappent, il faut demander un coup de main à l’invisible.

Peu à peu, s’imprégner de lenteur, la glisser dans les gestes habituels pour manger, marcher, se laver. Le corps, enveloppé dans la chaleur, se laisse docilement fondre dans ce rythme.

Je guette le ciel. Pas de lune. Pas d’éclairage public. Un frisson me parcourt. Est-ce vraiment une bonne idée de partir maintenant ?

Je me souviens de ce sentiment, très vite, d’aller mieux sur cette terre. Comme débarrassée d’une vieille peau, des traces de la tristesse, des failles qui détournent de l’essentiel.

Soudain, une main se pose sur mon bras, je sursaute, me retourne, la voit. Elle éclate de rire.