
2025 / 17 : L’AMITIÉ COMME BOUCLIER
Depuis 25 ans, ma famille et mes amitiés sont des terrains d’expérimentation : comment s’aimer mieux ? Comment construire de la proximité, de la solidarité, de la sécurité affective ?

Depuis 25 ans, ma famille et mes amitiés sont des terrains d’expérimentation : comment s’aimer mieux ? Comment construire de la proximité, de la solidarité, de la sécurité affective ?

Le Chemin fait le cadeau de laver les soucis dans l’effort physique, dans la rencontre, dans la beauté. Immersion d’un corps dans la force des éléments, griller au soleil, s’envoler avec le vent, tremper dans une fontaine, courir pour échapper à l’averse, guetter l’ombre, grogner parfois, plaisanter régulièrement, avancer toujours.

Dans l’enthousiasme, un périple sur le lieu de nos origines est organisé alors que jamais nous n’avions passé de vacances tous ensemble, jamais nous n’avions évoqué les zones de lumière et les parts d’ombre que contiennent notre lignée, comme n’importe quelle lignée.

La guerre apporte souffrance et misère. Elle demande d’immenses efforts pour s’en dépêtrer, laissant toujours une population brisée par l’expérience de la férocité et de la mort. En rien, cela ne ressemble à un futur désirable.

Jusque tard dans la matinée, ils chantent. Un chœur d’oiseaux, logés dans l’arbre voisin, qui me rappellent que le printemps arrive. C’est la première année que je perçois si nettement les gazouillis joyeux.

Scène usante sur les réseaux sociaux : une publication d’actualité, en dessous des commentaires nombreux, aigris, dogmatiques, belliqueux – derrière un écran, facile de calomnier, de bafouer l’altérité. Soupirs découragés : ce besoin tenace d’avoir raison, comment le dépasser ?

Récemment, j’ai entendu l’expression « productivité toxique » et j’ai tressailli. Dans ces mots, j’ai reconnu notre époque et ses travers. Cette course perpétuelle pour répondre aux sollicitations professionnelles, administratives, domestiques, sociales.

Ce dimanche, le mistral souffle fort. Il faut une dose d’obstination pour contempler les derniers rayons flamboyants. Il faut une dose de courage pour rentrer chez soi, quand le froid de décembre attaque les corps de ses bourrasques sauvages.

J’ai un cœur : facilement blessé, facilement réchauffé. Je sais que je ne dois pas autoriser les blessures à éteindre mon espoir, étouffer mon envie de contribuer, atténuer mon bonheur à être vivante. Que d’efforts pour s’arrimer au côté ensoleillé de l’existence !

Comme tous les êtres humains, quand ça brûle, je préfère fuir. Ou m’énerver. Habitudes anciennes. Réactions mécaniques et faciles. Mais l’invisible se moque de mon désir de facilité. L’invisible toujours pousse à grandir.