
2021 Chronique V4 – VEILLER L’UNE SUR L’AUTRE
Parler sans plus s’arrêter, parler comme jamais, dans une complicité qu’on croyait perdue, qu’on pensait avoir abandonné à la fin de l’adolescence, sur des photos décolorées.

Parler sans plus s’arrêter, parler comme jamais, dans une complicité qu’on croyait perdue, qu’on pensait avoir abandonné à la fin de l’adolescence, sur des photos décolorées.

Si tout est passager, si tout est traversée de viaduc, alors le plus gros du boulot, c’est d’apprivoiser le vertige. Résister à la peur, la méfiance, le repli, la paralysie, la nausée. Avancer et rester du côté de la confiance.

Plutôt que résister au changement dans une tentative vaine, la philosophie orientale conseille aux êtres humains d’embrasser ce changement. La question devient alors : comment se renouveler ?

Dans le dédale, entre les murs et les allées sinueuses, il y a un fil que nous devons trouver pour rejoindre la lumière. Chacun son fil, chacun sa lumière.

Le XXIème siècle doit être le siècle d’une rupture magistrale avec des millénaires où les rapports humains ont été fondés sur la domination. L’heure est au passage à des modes de coopération.

En 2018, en 35 courtes chroniques, je vous ai proposé une série de portraits. J’avais envie de mettre en lumière des personnalités incroyables, des projets innovants, parmi tous ceux que notre société génère.

Le jour où, de l’autre côté de l’Atlantique, elle a appris la nouvelle, elle a eu envie, elle aussi, de tout lâcher, tout arrêter, partir se réfugier en haut d’une montagne, dans un monastère, sur une île déserte.

Elle soulève sa manche, contracte son bras et ses biceps apparaissent. J’ouvre de grands yeux.

Les musiciens qui me touchent sont traversés par un souffle, et ce souffle qu’ils transmettent m’élève.

Le lieu est étrange : un ancien couvent, successivement transformé en prison pendant la révolution française, en caserne au XIXème siècle, et depuis quelques années, lieu de stage pour âmes en recherche.