Auteure | Conférencière | Coach

2021 Chronique V3 – VUE D’EN HAUT

Petite, dans les journaux pour enfants, il y avait un jeu que j’adorais. Relier des points pour voir apparaître un objet, un visage, un personnage. Ecrire est peut-être la continuation de cet amusement d’hier à tirer des traits entre des points apparemment éloignés.

Il y a quelques jours, au cours d’un enseignement sur la méditation, j’entends parler de la lettre QOF, la 19ème lettre de l’alphabet hébraïque, une lettre qui évoque le passage, plonger dans la densité pour y trouver la lumière, aller chercher les forces de vie qui résident dans les profondeurs. J’aime les symboles. Parce qu’ils ne disent pas la vérité – parce qu’ils se contentent de proposer un éclairage. Libre à la personne d’apprécier ou de s’en détourner. J’aime l’idée que ce chiffre 19, qui est collé à la maladie, résonne dans une tradition ancienne avec l’idée d’un gué. Comme un petit caillou sur le sentier, qui viendrait confirmer qu’il faut avoir confiance et tranquillement progresser dans le couloir étroit.

Ensuite, au détour d’une heure perdue sur les réseaux sociaux, je lis quelques lignes sur la fête d’Imbolc, célébrée par les Celtes début février. Cette fête marquait le retour du soleil, les jours qui rallongent, la sortie prochaine de l’hiver. Elle invitait à la joie, elle encourageait à la patience en attendant d’être dehors, de profiter de la beauté de la nature, de la vie qui refleurit. Une fête comme un jalon dans le cycle des saisons, tout est transitoire, tout est éphémère – mais, toujours, le réconfort de savoir que la lumière partout se faufile.

Hier, en marchant dans la rue, dans cet instant de soulagement, parce que les muscles en mouvement, me vient l’idée que si tout est passager, si tout est traversée de viaduc, alors le plus gros du boulot, c’est d’apprivoiser le vertige. Résister à la peur, la méfiance, le repli, la paralysie, la nausée. Avancer et rester du côté de la confiance. Avancer et parfois regarder en arrière pour mesurer le chemin parcouru, pour se rappeler qu’on a déjà franchi des gouffres, qu’on s’en est tiré, qu’on a grandi à chaque fois – et sourire, par effronterie, par vaillance, par refus délibéré de sombrer dans l’anxiété. Savoir, au fond de ses tripes, qu’on arrivera une fois encore à atteindre notre destination, un pied devant l’autre, continuer sur le pont qui tangue, sur le pont qui offre une vue si dégagée.

Et vous, vous reliez les points en ce moment ?

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