Auteure | Coach Littéraire

2021 Chronique V2 – VOLTE-FACE ESSENTIELLE

En ce mois de janvier, comme vous peut-être, j’ai des moments d’angoisse, de colère, de suffocation. Des inquiétudes pour mon travail, du souci pour la santé de mes proches plus âgés, une vague de tristesse quand je pense à nos étudiants qui dépriment… Bref, vous connaissez le tableau. Vous connaissez sûrement également cette sensation d’étouffer dans des vies urbaines qui nous refusent tout ce qu’on aimait, boire un verre avec des amis, voir un film au ciné, arpenter une expo, retrouver des collègues dans un événement professionnel… Comme d’autres, je manque de rencontre, je manque d’art, je manque d’ailleurs – entre mes quatre murs, dans ces journées où les horaires font preuve de rigidité, ma liberté me semble terriblement amputée.

J’observe mon esprit glisser. Une morosité dans mes baskets. Un sentiment de stagnation. Un questionnement acide sur mon existence, sur mes choix. C’est comme si la situation actuelle venait nourrir cette petite voix en moi, celle qui aime s’emparer du micro, et cruelle, moqueuse, insinue que je ne vais pas y arriver, que je suis vouée à l’échec, que je peux balancer à la poubelle mes projets et mes rêves.

La liberté comme oxygène, comme carburant pour avancer – son absence comme descente aux enfers du découragement. Mais de quelles libertés est-il question ? Il y a mille libertés en fait, certaines touchent à la sphère sociale, d’autres à l’intime. Les libertés se croisent, s’entrechoquent, se répondent.

Si je suis honnête, et sans remettre en cause ce ressenti bien réel d’être privée du sel de notre quotidien, je dois avouer que la situation me pèse parce qu’elle me renvoie à moi-même. Et c’est ça qui est violent. Il n’y a plus d’échappatoire possible – il y a ce tête-à-tête prégnant avec ma solitude, il y a tous les endroits où me sautent aux yeux mes lâchetés, mes failles, mes paresses. C’est trop lourd parfois le poids d’avoir à prendre autant de décisions, piloter mon activité, ma routine, mon état intérieur, chercher encore et toujours comment s’adapter aux contraintes, les accepter, les ignorer, les contourner.

Fondamentalement, sous la surface, se joue mon engagement à ce qui est important à mon cœur. Quels efforts je suis prête à accomplir pour les objectifs qui me sont vraiment indispensables ? Comment je me débrouille, avec la liberté qu’il me reste, pour progresser en tant qu’être humain, en tant qu’artiste, en tant que citoyenne ? Est-ce que tout est affaire de volonté ? Arrêter de se chercher des excuses, arrêter de regarder dans telle direction en oubliant telle autre, arrêter le refrain de la plainte ?

Et si l’époque nous faisait le cadeau de nous inviter à embrasser la liberté de façon radicale ? Une liberté qui se résumerait à notre essentiel… Quel est mon essentiel, comment je chemine dans son sens, comment je m’y attèle avec toutes mes forces de vie ? A quel point je veux me battre pour cet essentiel ? A quel point je réponds présente pour mon essentiel ?

Et vous, vous entretenez quel rapport à la liberté en ce moment ? La liberté comme moyen ou comme fin ?

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