
2026 / 2 : MARSEILLE BÉBÉ
Si j’ai encore une certitude, c’est bien celle-ci : à Marseille, je suis chez moi.

Si j’ai encore une certitude, c’est bien celle-ci : à Marseille, je suis chez moi.

Dans l’enthousiasme, un périple sur le lieu de nos origines est organisé alors que jamais nous n’avions passé de vacances tous ensemble, jamais nous n’avions évoqué les zones de lumière et les parts d’ombre que contiennent notre lignée, comme n’importe quelle lignée.

Parfois on trouve le chemin pour s’entendre vraiment, pour bâtir une complicité à laquelle on a toujours aspiré. Il arrive, oui, que l’amour triomphe, et flambe dans les cœurs comme il n’a jamais flambé.

Il me semble que la transformation – du plomb en or, du drame en force de vie – est au centre de l’expérience humaine. À chaque fois qu’on réussit à desserrer l’étau de la douleur

Il y a tellement d’occasions où l’on se met en travers de son propre bonheur, son expansion, son rayonnement. Mais est-on condamné à rester son propre adversaire ?

Au cours d’une existence humaine, avec forcément son lot d’épisodes sombres, se joue régulièrement une lutte intime pour s’accrocher au désir de vivre. N’est-ce pas la plus difficile des luttes ?

Comme il est confortable de se débarrasser de sa propre responsabilité, comme il est facile de jouer la carte du rejet, de l’humiliation, de la brutalité. Désagréable de regarder en face cet aspect de la nature humaine.

Vient l’heure de repenser le rapport à la vie, réfléchir au pourquoi de son incarnation terrestre. Revenir aux enseignements de l’antiquité grecque ?

Jusque tard dans la matinée, ils chantent. Un chœur d’oiseaux, logés dans l’arbre voisin, qui me rappellent que le printemps arrive. C’est la première année que je perçois si nettement les gazouillis joyeux.

Apparaissent des symboles de chevaux, de bouquetins et même de pingouins. Des empreintes ancestrales qui dévoilent un lieu sacré, et racontent une Provence inconnue, bousculée par une ère glaciaire.