
2023 / 2 : RENCONTRER LA BONTÉ DU MONDE
Sur les routes du monde, à plusieurs reprises, j’ai refait cette expérience : être accueillie et chouchoutée par des inconnus.

Sur les routes du monde, à plusieurs reprises, j’ai refait cette expérience : être accueillie et chouchoutée par des inconnus.

Les expériences collectives ont des retentissements sur les destinées individuelles. Et, là, collectivement, nous sommes au bord du gouffre – ou nous pensons l’être. Où trouver les ressources pour se battre ?

Parce que c’est merveilleux ce souffle qui court, fil inébranlable, d’un corps à un autre, comme une flamme olympique. Parce que les épreuves et victoires de nos ancêtres font les femmes que nous sommes aujourd’hui.

Comment garder un bout d’esprit vacances quand la gestion du temps reprend sa course millimétrée ? Quand les gros titres nous rappellent que l’heure est grave ? Comment résister à la peur, cette émotion grise et gluante qui a le don de paralyser ?

Au-delà du travailleur, du parent, du bénévole dans une association, au-delà de toutes les étiquettes, de tous les discours huilés, nous avons une âme. Audacieuse, joueuse, rieuse.

Dans la forêt, à un moment, il n’y a plus rien à exprimer. Accepter d’être imbibée de son atmosphère fertile et colorée, entrer en communion avec tout ce qui murmure, chatoie, caresse. Laisser grandir ce sentiment d’amour.

D’un coup, le stress s’évanouit et je sens une joie immense qui monte du fond de mon ventre. Peut-être un cocktail d’endorphine, sérotonine et dopamine… Une porte s’ouvre et je sais que le meilleur est à venir.

Parfois, on vérifie cette chose a priori étrange, inconfortable, révoltante : c’est dans les épreuves qu’on grandit. C’est en affrontant la tempête qu’on peut un jour se retourner pour en voir les bénéfices primaires, secondaires, tertiaires.

Les poètes sont fondamentalement des êtres sensibles, c’est-à-dire en contact avec leurs émotions, leur époque, le vivant. Ils écrivent par nécessité absolue – leurs mots nous extraient de nos uniformes, de nos trajectoires en ligne droite, pour nous rappeler l’essentiel.

Sortir de notre savoir ignorant et prétentieux pour accueillir le divin de cette terre qui nous abrite. Passer d’une haine facile et banale à un amour sans cesse renouvelé par un œil qui admire la richesse de la vie.