
2023 / 16 : PAS UN ANGE
Comme tous les êtres humains, quand ça brûle, je préfère fuir. Ou m’énerver. Habitudes anciennes. Réactions mécaniques et faciles. Mais l’invisible se moque de mon désir de facilité. L’invisible toujours pousse à grandir.

Comme tous les êtres humains, quand ça brûle, je préfère fuir. Ou m’énerver. Habitudes anciennes. Réactions mécaniques et faciles. Mais l’invisible se moque de mon désir de facilité. L’invisible toujours pousse à grandir.

De mon épopée en Grèce, si je ne devais témoigner que d’une seule chose, ce serait de cela : la vie est généreuse, solaire, facétieuse. A une condition.

Avec le jeu des ombres, dans la caverne, tout est effrayant. Platon dit : il faut sortir. Quitter l’obscurité, remonter à la surface, retrouver la vérité de ce qui se contemple avec les rayons du soleil.

Et si c’était exaltant de participer, ou d’être témoin de l’invisible qui vient inspirer les esprits pour écrire un nouveau chapitre de l’Histoire de l’Humanité ?

Il y a des leçons qui sont cesse à réviser. Il y a des conseils qui sont sans cesse à réécouter. Notre esprit est une colline sur laquelle la pierre de la sagesse roule.

Pour contribuer à notre mesure, pour mobiliser notre esprit et nos ressources, j’ai la conviction que c’est important d’aller bien. L’être humain est plus créatif quand il est relativement apaisé.

Comment garder un bout d’esprit vacances quand la gestion du temps reprend sa course millimétrée ? Quand les gros titres nous rappellent que l’heure est grave ? Comment résister à la peur, cette émotion grise et gluante qui a le don de paralyser ?

Garder le sourire, sur le papier je veux bien, mais parfois on fait comme on peut… Je repense à ma traversée des derniers mois, la grossesse, la fausse-couche, la douleur, la fatigue. Beaucoup de larmes versées jusqu’au déclic, jusqu’à la remontée vers la surface.

Soudain, je me lève, prends place devant le groupe. Je tourne la tête et plante mon regard dans celui de Myriam : tu chantes avec moi ? Elle acquiesce, comme si elle attendait la question. Elle me rejoint, ferme un instant les yeux, concentration.

M’installer dans la cité phocéenne, c’est me donner le droit de poursuivre mes rêves, habiter dans un appartement plus grand, sous un climat plus doux, dans un rythme plus lent. C’est accueillir mon droit à être heureuse tout en donnant un espace beaucoup plus vaste à mon écriture.