
2025 / 13 : LA JOIE DE L’INCONNU
Quand mes cellules ont besoin d’une dose supplémentaire de joie, je me débrouille pour repartir dans un lieu où je vais avoir l’occasion de me perdre. Juste pour découvrir qui se placera sur ma trajectoire.

Quand mes cellules ont besoin d’une dose supplémentaire de joie, je me débrouille pour repartir dans un lieu où je vais avoir l’occasion de me perdre. Juste pour découvrir qui se placera sur ma trajectoire.

Quel choc de le rencontrer ! Six troncs, 40 mètres de hauteur, l’arbre en impose. Mon battement de cœur s’accélère, une vague de chaleur m’envahit.

Le mouvement qui s’est invité, c’est un air léger qui se faufile vers son cœur blessé. Un air qui fait surgir un inconnu, un inconnu qui propose, allons faire un tour, je t’emmène voir le phare.

De mes épopées vers Compostelle, je garde le parfum des instants de grâce… Mais quels sont les ingrédients qui permettent la réparation d’une âme ?

Sur les routes du monde, à plusieurs reprises, j’ai refait cette expérience : être accueillie et chouchoutée par des inconnus.

Et me voilà qui récupère des notes sur mon téléphone, comme d’un grimoire lumineux, et je lui lis plusieurs fragments, comme une réponse à Tagore, comme une réaction à son élan, comme une manière délicieusement désuète de jouer avec le trouble.

Voilà un an que mon âme absorbe les vitamines que sont la luminosité, la mer, l’ambiance de la ville, la présence des calanques, toute la beauté de la Provence… Je n’ai aucune racine dans ce coin de la France et pourtant, je sens qu’ici je suis sur ma terre.

Quitter la protection de la salle et du feu, prendre la direction de la forêt dense et sombre. A un moment, à un endroit, se séparer. Chacune écoute son intuition, chacune emprunte le chemin qui l’appelle.

C’est beau d’avoir des gens à qui on tient. Sans lien, sans amour, on meurt – je meurs. Je ressens une énorme gratitude pour tous les êtres qui peuplent mon quotidien. Je sais que je suis riche de tous ces liens.

Bangalore la bouillonnante, avec ses dix millions d’habitants, avec son effervescence du quotidien, lui manque. Bangalore, malgré sa chaleur intense, sa pollution asphyxiante, elle ne peut pas l’oublier.