
2025 / 7 : LA RÉSURRECTION DU PRINTEMPS
« Ils pourront couper toutes les fleurs, ils n’empêcheront pas le printemps ! » a écrit Pablo Neruda en 1973 – soulignant combien la force du vivant alimente une ardeur subversive.

« Ils pourront couper toutes les fleurs, ils n’empêcheront pas le printemps ! » a écrit Pablo Neruda en 1973 – soulignant combien la force du vivant alimente une ardeur subversive.

Évidemment, j’ai été heureuse que l’adolescence se termine. M’extraire de la pression et du jugement de mes pairs, ne plus avoir à rentrer dans un moule étriqué, sortir de l’obsession des apparences – me permettre d’être moi, et surtout découvrir les autres.

Petite, comme tous les mômes, on m’a lu des contes de fées, on m’a montré des Disney – et mon imaginaire à intégrer cette équation : robes + palais + chevalier = bonheur. Une équation tenace – un poison qui s’est infiltré en moi, jusqu’au moment où j’ai absorbé l’antidote.

Dans les prochaines décennies, alors que des changements délicats se profilent, la question de la latitude de nos choix se posera avec une acuité plus douloureuse. Si on perd le contrôle sur nos vies, comment tenir ? Avec quel moteur avancer ?

Quel choc de le rencontrer ! Six troncs, 40 mètres de hauteur, l’arbre en impose. Mon battement de cœur s’accélère, une vague de chaleur m’envahit.

Apparaissent des symboles de chevaux, de bouquetins et même de pingouins. Des empreintes ancestrales qui dévoilent un lieu sacré, et racontent une Provence inconnue, bousculée par une ère glaciaire.

Scène usante sur les réseaux sociaux : une publication d’actualité, en dessous des commentaires nombreux, aigris, dogmatiques, belliqueux – derrière un écran, facile de calomnier, de bafouer l’altérité. Soupirs découragés : ce besoin tenace d’avoir raison, comment le dépasser ?

J’ai envie de croire, à l’aube de l’année 2024, en notre capacité à nous ouvrir, tisser d’autres liens, tenter des transformations, pour construire une société plus souriante, plus harmonieuse, plus confiante.

Les animaux sauvages vivent en liberté, non domestiqués, dans la nature. Les fleurs sauvages poussent spontanément, sans être cultivées, là où une graine, portée par le vent, a trouvé refuge.

C’est fou comme le plaisir peut se glisser dans tous les interstices du quotidien, si on s’accorde la possibilité d’y goûter, de l’apprécier, de l’honorer.