
2025 / 6 : RÉSISTER AU DÉSESPOIR
Alors que les sirènes du désespoir deviennent assourdissantes, il est bon de se souvenir que nous avons, entre nos mains, des moyens simples, accessibles, de s’opposer à la peur et à l’écrasement.

Alors que les sirènes du désespoir deviennent assourdissantes, il est bon de se souvenir que nous avons, entre nos mains, des moyens simples, accessibles, de s’opposer à la peur et à l’écrasement.

Évidemment, j’ai été heureuse que l’adolescence se termine. M’extraire de la pression et du jugement de mes pairs, ne plus avoir à rentrer dans un moule étriqué, sortir de l’obsession des apparences – me permettre d’être moi, et surtout découvrir les autres.

La guerre apporte souffrance et misère. Elle demande d’immenses efforts pour s’en dépêtrer, laissant toujours une population brisée par l’expérience de la férocité et de la mort. En rien, cela ne ressemble à un futur désirable.

Comme il est confortable de se débarrasser de sa propre responsabilité, comme il est facile de jouer la carte du rejet, de l’humiliation, de la brutalité. Désagréable de regarder en face cet aspect de la nature humaine.

Ce dimanche, le mistral souffle fort. Il faut une dose d’obstination pour contempler les derniers rayons flamboyants. Il faut une dose de courage pour rentrer chez soi, quand le froid de décembre attaque les corps de ses bourrasques sauvages.

J’ai un cœur : facilement blessé, facilement réchauffé. Je sais que je ne dois pas autoriser les blessures à éteindre mon espoir, étouffer mon envie de contribuer, atténuer mon bonheur à être vivante. Que d’efforts pour s’arrimer au côté ensoleillé de l’existence !

Et si c’était exaltant de participer, ou d’être témoin de l’invisible qui vient inspirer les esprits pour écrire un nouveau chapitre de l’Histoire de l’Humanité ?

Parce que c’est merveilleux ce souffle qui court, fil inébranlable, d’un corps à un autre, comme une flamme olympique. Parce que les épreuves et victoires de nos ancêtres font les femmes que nous sommes aujourd’hui.

Ce que je sais déjà, c’est que mon histoire rejoint celle de millions et millions de femmes – à qui on a souvent demandé de se taire, de garder la souffrance à l’intérieur, ajoutant ainsi la solitude à la peine. Je pense à elles, à nous, à nos envies d’enfant restées suspendues.

Qu’avons-nous envie de créer pour nous, et pour les futures générations ? Cette semaine, j’ai pensé à Martin Luther King, à son fameux discours de 1963, « I have a dream ». A mon tour, je me suis mise à rêver.