
2023 / 4 : LE VOIR PARTOUT
S’interroger sur le sacré nous ramène à nos valeurs, nos priorités, ce que l’on tient pour précieux, ce qui nous inspire le respect. Et si, en plus, cette réflexion avait des dimensions pratiques ?

S’interroger sur le sacré nous ramène à nos valeurs, nos priorités, ce que l’on tient pour précieux, ce qui nous inspire le respect. Et si, en plus, cette réflexion avait des dimensions pratiques ?

De mes épopées vers Compostelle, je garde le parfum des instants de grâce… Mais quels sont les ingrédients qui permettent la réparation d’une âme ?

Parce que c’est merveilleux ce souffle qui court, fil inébranlable, d’un corps à un autre, comme une flamme olympique. Parce que les épreuves et victoires de nos ancêtres font les femmes que nous sommes aujourd’hui.

Pour quel objectif cultiver la conscience ? Pour se saisir pleinement de sa vie. Rien de moins. La conscience nous permet de faire de vrais choix, d’être pilote le plus souvent possible.

Les rituels, petits et grands, on en a besoin pour se connecter aux autres, aux saisons, à la terre, marquer les passages, abandonner l’ancien, entrer dans le neuf.

Dans chaque texte, il y avait des phrases qui répondaient directement à la conversation, qui procuraient un éclairage neuf et fabuleusement pertinent à des soucis évoqués. Stupéfiant de constater la résonance et la profondeur que présentaient les mots poétiques.

Et me voilà qui récupère des notes sur mon téléphone, comme d’un grimoire lumineux, et je lui lis plusieurs fragments, comme une réponse à Tagore, comme une réaction à son élan, comme une manière délicieusement désuète de jouer avec le trouble.

Pour débrancher de la semaine écoulée, j’épluche des carottes. J’aime ce temps suspendu, cette ambiance d’hiver qui pousse à se réfugier en cuisine. J’aime ce moment où il n’y a rien à chercher, juste se mettre au diapason de l’activité des mains. J’en suis à la phase couteau et fines rondelles quand le téléphone sonne.

Je suis encore tombée. Il y avait une trappe, je ne l’ai pas vue, et comme Alice courant derrière le lapin blanc, j’ai dégringolé pour atterrir dans un lieu étrange, loin de ma vie d’aujourd’hui.
Au milieu de sa journée ponctuée de soins, entre deux passages d’une infirmière, alors que ma mère consultait un médecin, je lui ai lu des poèmes. Il répétait « Que c’est beau ». Ce jour-là, j’ai appris que la poésie pouvait se faire offrande, consolation, fortifiant.