2026 / 3 : FRIDA ET NOUS

Date

Frida Kahlo, artiste, femme libre, inspiration, icône, souffrance, joie, création, glamour, résilience, douleur, renaissance

Dans la mercerie, ce jour-là en quête de ruban, j’ai un mouvement de surprise : des images de Frida Kahlo à chaque endroit où se porte mon regard. Comme sur les affiches, dans les boutiques de déco. Comme sur les murs des ruelles, façon graffitis rebelles. Comme sur les sacs stylés des femmes, à la plage, au marché, dans le métro. Partout, le visage de cette héroïne, devenue icône. Cette femme, avec des fleurs dans les cheveux, admirée pour son glamour, sa liberté, sa force de création.

Je suis d’accord : elle est magnifique et magnétique. Faut-il pour autant lui vouer un culte ? Mesure-t-on réellement, derrière le mythe, combien le parcours de cette mexicaine flamboyante a été ardu ? L’artiste a connu une vie de supplice. Souffrance physique liée à la maladie pendant son enfance, puis liée à un terrible accident qui brise, à 18 ans, sa colonne vertébrale et son bassin. Souffrance morale, ensuite, liée aux longues heures alitée et solitaire… Sa biographie révèle également des relations tumultueuses, des fausses couches, et finalement une fin précoce, à l’âge de 47 ans.

Bien sûr, en connaissant les épreuves traversées, on ne peut qu’applaudir sa résilience, saluer le sens de la beauté qui ne l’a jamais quitté. Mais quand même… Le prix payé pour engendrer son œuvre est terrible. La douleur devient d’ailleurs un motif récurrent dans ses tableaux. Et cela me questionne : en la mettant en avant, en se concentrant sur son regard déterminé, ses tenues originales et colorées, ne met-on pas sous le tapis l’aspect tragique de sa trajectoire ? Ne valorise-t-on pas, inconsciemment, une vision doloriste du génie ? Ne suggère-t-on pas, inconsciemment toujours, que le succès extraordinaire découle du drame ?

Il y a en effet une tradition culturelle ancienne qui dit que c’est normal de souffrir, qui idéalise la grandeur des personnages dont l’existence a été un calvaire. Et je crois qu’il est temps de changer cette représentation – surtout en ce moment, alors que l’époque est si remuante. On ne gagne pas des points, à la loterie de l’univers, en portant sa croix. Et rien ne mérite qu’on s’habitue à la douleur. Je crois qu’il est temps de donner davantage de valeur à la joie, au partage, à l’amour – les cultiver au quotidien, les rechercher incessamment. La joie est un immense réservoir d’énergie, qui donne des ailes pour concrétiser des rêves, pour se mobiliser en faveur des sujets qui ont du sens pour soi.

Alors que l’été s’installe, je vous souhaite donc de mettre la tristesse à distance et de goûter à des journées de bonheur intense, un bonheur qui étouffe le bruit du monde, qui régénère l’esprit, qui met en contact avec le jeu, le souffle, l’élan, le poétique, le cœur, le sublime, l’infini et l’éternel ! Que cet été vous ramène à cet émerveillement, simple et magique, d’être vivant.

> Cette chronique appartient à la série 2026, nommée « Lumière ». Une série pour cultiver la clarté, pour imaginer des possibles éclairants, pour oser l’éclat, la joie, la foi… Vous aimez ce que je publie ? RDV sur les réseaux sociaux pour retrouver de la poésie, et les autres chroniques que j’écris depuis 2016.

> Besoin de mots doux dans vos oreilles ? Découvrez le pouvoir de la poésie contemporaine à travers des capsules courtes et colorées. Les épisodes du podcast « L’Expérience Poétique » sont disponibles sur les plateformes (spotify, deezer, apple podcast, amazon, youtube, etc). Je lis mes poèmes préférés pour vous offrir un shoot de beauté et d’optimisme : des vitamines qui sauront accompagner vos journées !

> Votre soutien m’est précieux : merci pour les abonnements à ma page, ma newsletter, mon podcast, merci pour vos dons… Toutes les infos, tous les contenus écrits et audio, sont accessibles en ligne.

Pour laisser un commentaire, retrouvez ce texte sur ma page FB.

PLUS de
chroniques