2026 / 1 : L’ÉTINCELLE
Une petite voix chuchote : pour retrouver de l’élan, invite le changement. Sur le papier, la proposition parait évidente. Mais concrètement ?
Une petite voix chuchote : pour retrouver de l’élan, invite le changement. Sur le papier, la proposition parait évidente. Mais concrètement ?

Humeurs d’automne, au diapason des feuilles qui tombent, quand la saison pousse à se défaire de la fraicheur périmée, quand le sentiment de perte serre le cœur, quand le blues envahit l’esprit. Coup de mou. C’est la vie… Pour connaître des hauts, il faut accepter de vivre des bas.

Depuis des années, ma grand-mère Nicole me parle de cette folle histoire, qui attrape et hypnotise. Entre les lignes, je comprends qu’elle, avec ses cheveux blancs et ses soixante-treize ans, elle dont le quotidien est devenu si calme, éprouve une admiration irrépressible pour la protagoniste, inapte aux compromis et aux convenances.

Parfois on trouve le chemin pour s’entendre vraiment, pour bâtir une complicité à laquelle on a toujours aspiré. Il arrive, oui, que l’amour triomphe, et flambe dans les cœurs comme il n’a jamais flambé.

Petite, comme tous les mômes, on m’a lu des contes de fées, on m’a montré des Disney – et mon imaginaire à intégrer cette équation : robes + palais + chevalier = bonheur. Une équation tenace – un poison qui s’est infiltré en moi, jusqu’au moment où j’ai absorbé l’antidote.

Trente années se sont écoulées. Par la magie des réseaux sociaux, le contact se renoue. Et me voilà à Porto, où elle habite désormais avec ses filles. Un dîner est organisé.

Avec Francine, depuis le premier jour, le courant passe facilement. À ses côtés, je suis libre : j’aime lui raconter mes histoires, j’aime entendre les siennes, j’adore la faire rigoler. C’est ma grand-mère chérie. Oui, même si ce n’est pas tout à fait la vraie.

Une bande de filles occupées à refaire le monde, à discuter de l’avenir, à s’interroger sur ce qu’on désirait profondément. Occupées à mettre de la légèreté, de la liberté, dans un quotidien qui nous semblait étriqué.

Dans leur Auvergne natale, celle des années 30 et 40, alors que la famille s’affairait à faire tourner la ferme, s’occuper des bêtes et des champs, Marthe et Marie-Rose, les soeurs d’Elise, passaient leurs soirées à étudier pour passer des diplômes par correspondance.

Se débarrasser de l’ancien, du périmé, de l’encombrant. Une pulsion à faire le vide, pour larguer les amarres. Mais que se passe-t-il quand le départ ne calme pas cette pulsion ?