Qu’est-ce qu’on décide vraiment au cours de sa vie ? Cette question me taraude depuis toujours, parce que je me rends compte que nombreuses sont les décisions influencées par un imbroglio de circonstances plus ou moins chanceuses, plus ou moins libres.
Pour autant, je ne suis pas fataliste : il reste de multiples domaines dans lesquels on exerce délibérément nos goûts, nos préférences, nos talents.
Ce que je remarque, c’est qu’avec le temps, on revendique une identité en lien avec nos choix. Bien sûr, on a le droit de se définir comme sportif parce qu’on pratique intensément le vélo, la natation, le yoga. Le problème vient quand cette identité devient rigide. Pourquoi s’accrocher à une étiquette ? Pourquoi s’obliger à demeurer fidèle à certains choix alors qu’on a envie de changer ? Je crois qu’il faut pouvoir garder de la souplesse pour évoluer, pour se réinventer quand on en ressent le besoin.
Ce qui est vrai au niveau individuel l’est aussi au niveau collectif : certaines idées, traditions, habitudes nous enferment dans des carcans, issus du passé, et obstruent l’avenir.
Ainsi, avec l’été qui vient de s’écouler, on doit admettre avec lucidité que le dérèglement climatique n’est plus un concept. L’été devient la saison des canicules et des incendies, qui épuise les organismes, qui abîme les écosystèmes, qui conduit à des catastrophes naturelles tragiques.
Si on refuse de voir le changement, si on s’agrippe à la vision de l’été comme la saison du plaisir et de la détente, on renonce à prendre les mesures pertinentes face aux défis qui deviendront de plus en plus dramatiques. On risque alors de les subir encore plus durement.
En revanche, si on accepte d’affronter la réalité qui émerge, alors on peut réfléchir à aménager les rythmes de travail et les rythmes scolaires, on peut remanier nos infrastructures collectives, on peut amender l’urbanisme de nos villes en y incluant plus d’oasis vertes. On sort de l’impuissance et de l’abattement : on récupère de la créativité, on imagine d’autres modalités pratiques, on invente à plusieurs des solutions adéquates.
En fin de compte, ajuster nos perspectives sur le réel, modifier nos comportements, transformer nos modes de vie est une manière de ne pas se soumettre au scénario du pire. On quitte l’impasse, on bifurque vers le nouveau, vers le plus lumineux, afin d’assurer notre pérennité en tant qu’espèce, afin d’ouvrir l’horizon pour le vivant dans son ensemble.
J’en suis persuadée : c’est en acceptant le changement, en y prenant pleinement part, qu’on pourra préserver nos marges de manœuvre, et continuer à déployer des choix qui nous rendent heureux.
> Cette chronique appartient à la série 2026, nommée « Lumière ». Une série pour cultiver la confiance, pour éclairer d’autres possibles, pour oser l’éclat, la joie, la foi… Vous aimez ce que je publie ? RDV sur les réseaux sociaux pour retrouver de la poésie, et les autres chroniques que j’écris depuis 2016.
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