Auteure | Coach Littéraire

Chronique vers la publication n°15 – PROPAGER LE VIRUS D’ECRIRE

En novembre, le calendrier est chargé. J’anime notamment une formation auprès de professionnels qui souhaitent conduire des ateliers d’écriture dans leur environnement – dans des hôpitaux, des associations, des écoles, et parfois en prison. J’aime animer ces sessions, réfléchir à la transmission de cet art merveilleux qu’est la littérature, rendre accessible ce geste d’écrire. Car oui, écrire n’est pas réservé à quelques individus élus. Comme la peinture, comme la musique, on peut pratiquer l’écriture sans devenir professionnel.

Ma conviction, c’est qu’écrire, créer, ça nourrit l’âme, ça donne du sens, de l’intensité, le sentiment d’être relié au plus vaste. Ce serait dommage, dès lors, de se priver d’un accès à la création, qui ne demande aucun matériel spécifique. Pour démarrer en écriture, il faut juste du papier, un stylo, du désir. Désir d’accoucher d’histoires, désir de célébrer la beauté et le mystère par quelques lignes poétiques, désir d’embarquer dans une aventure autobiographique… Il y a plusieurs champs, qui ont chacun leurs codes – il n’y a qu’à plonger, en fonction de sa sensibilité, et découvrir ce qui se cache sous cet élan singulier à poser des mots.

Ce qui m’intéresse particulièrement, dans le dispositif de l’atelier d’écriture, c’est la possibilité pour chacun-chacune d’aller écrire là où ça brûle, un espace qui échappe à la parole orale. Je ne crois pas en une écriture ludique, thérapeutique, cathartique : je crois à une écriture qui répond à une nécessité profonde, une nécessité de s’exprimer, de nommer sa vérité, de refléter la vie et le monde, dans leurs brutalités et leurs joies. Les brûlures, parce qu’elles nous hantent, constituent un matériau fabuleux pour la vorace déesse littérature. Vorace et exigeante, voilà les qualificatifs de la déité.

Car le matériau ne suffit pas. Il faut trouver comment le modeler. Comment raconter les scènes de l’histoire, en plaçant où la caméra, en mettant quels costumes aux personnages, en décrivant comment le décor. Les livres sont des alliés dans ce travail de modelage : on lit pour s’inspirer, pour comprendre la mécanique des textes, pour trouver comment faire vivre des scènes. Il faut savoir également prendre en considération les lecteurs, doser les détails, le suspense, l’émotion. Et puis, il faut se lancer dans cette quête de la langue : quels mots choisir – avec quelles nuances ? Quelles sonorités ? Où poser la ponctuation pour créer le rythme ?

Ce qui nourrit dans l’expérience littéraire, c’est le corps à corps de celles et ceux qui écrivent avec les phrases qui les traversent. Il faut du courage, de la ténacité, pour accueillir son propos et lui donner la forme qu’il mérite. Au passage, il faut être prêt à renoncer à tout dire. Il faut accepter de se relire et de retravailler l’élan premier. Au final, quand le texte abouti s’étale devant soi, il y a cette fierté immense du travail accompli, du plomb transformé, par la plume, en or.

Alors, oui, parce que j’aime énormément le dispositif de l’atelier d’écriture, je suis heureuse de former d’autres personnes qui, à leur tour, proposeront à celles et ceux qui en ont besoin de noircir des pages. C’est une contagion positive, qui participe à faire émerger une société où, par les récits, circulent une grande diversité de points de vue – premier pas vers la tolérance et l’empathie.

Au fait, vous qui me lisez, vous écrivez ? Dans quel cadre ? Dans quel but ? Laissez un mot en commentaire.

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