
2022 / 21 : LE BON CHOIX
La rentrée me place face à une série de choix. La clarté me manque. Quand le canal se brouille, je me retrouve face au doute. Inconfortable le doute. Mais pas complètement inutile.

La rentrée me place face à une série de choix. La clarté me manque. Quand le canal se brouille, je me retrouve face au doute. Inconfortable le doute. Mais pas complètement inutile.

Comment garder un bout d’esprit vacances quand la gestion du temps reprend sa course millimétrée ? Quand les gros titres nous rappellent que l’heure est grave ? Comment résister à la peur, cette émotion grise et gluante qui a le don de paralyser ?

Au-delà du travailleur, du parent, du bénévole dans une association, au-delà de toutes les étiquettes, de tous les discours huilés, nous avons une âme. Audacieuse, joueuse, rieuse.

Garder le sourire, sur le papier je veux bien, mais parfois on fait comme on peut… Je repense à ma traversée des derniers mois, la grossesse, la fausse-couche, la douleur, la fatigue. Beaucoup de larmes versées jusqu’au déclic, jusqu’à la remontée vers la surface.

Soudain, je me lève, prends place devant le groupe. Je tourne la tête et plante mon regard dans celui de Myriam : tu chantes avec moi ? Elle acquiesce, comme si elle attendait la question. Elle me rejoint, ferme un instant les yeux, concentration.

Dans la forêt, à un moment, il n’y a plus rien à exprimer. Accepter d’être imbibée de son atmosphère fertile et colorée, entrer en communion avec tout ce qui murmure, chatoie, caresse. Laisser grandir ce sentiment d’amour.

M’installer dans la cité phocéenne, c’est me donner le droit de poursuivre mes rêves, habiter dans un appartement plus grand, sous un climat plus doux, dans un rythme plus lent. C’est accueillir mon droit à être heureuse tout en donnant un espace beaucoup plus vaste à mon écriture.

Ce que je sais déjà, c’est que mon histoire rejoint celle de millions et millions de femmes – à qui on a souvent demandé de se taire, de garder la souffrance à l’intérieur, ajoutant ainsi la solitude à la peine. Je pense à elles, à nous, à nos envies d’enfant restées suspendues.

Alexandra David-Néel vivra 100 ans. Une vie intense, vécue les yeux grands ouverts, poussée par sa curiosité, son courage, sa liberté, pressée par son envie d’accéder à la vérité, percer les mystères, traverser cette frontière fine entre visible et invisible.

Qu’avons-nous envie de créer pour nous, et pour les futures générations ? Cette semaine, j’ai pensé à Martin Luther King, à son fameux discours de 1963, « I have a dream ». A mon tour, je me suis mise à rêver.