
2023 / 5 : AU GRAND JEU DE LA VIE
Le mouvement qui s’est invité, c’est un air léger qui se faufile vers son cœur blessé. Un air qui fait surgir un inconnu, un inconnu qui propose, allons faire un tour, je t’emmène voir le phare.

Le mouvement qui s’est invité, c’est un air léger qui se faufile vers son cœur blessé. Un air qui fait surgir un inconnu, un inconnu qui propose, allons faire un tour, je t’emmène voir le phare.

Au-delà de ses prouesses littéraires, elle a une place particulière dans mon cœur parce qu’elle a su aimer. Follement.

Parce que c’est merveilleux ce souffle qui court, fil inébranlable, d’un corps à un autre, comme une flamme olympique. Parce que les épreuves et victoires de nos ancêtres font les femmes que nous sommes aujourd’hui.

Garder le sourire, sur le papier je veux bien, mais parfois on fait comme on peut… Je repense à ma traversée des derniers mois, la grossesse, la fausse-couche, la douleur, la fatigue. Beaucoup de larmes versées jusqu’au déclic, jusqu’à la remontée vers la surface.

Soudain, je me lève, prends place devant le groupe. Je tourne la tête et plante mon regard dans celui de Myriam : tu chantes avec moi ? Elle acquiesce, comme si elle attendait la question. Elle me rejoint, ferme un instant les yeux, concentration.

M’installer dans la cité phocéenne, c’est me donner le droit de poursuivre mes rêves, habiter dans un appartement plus grand, sous un climat plus doux, dans un rythme plus lent. C’est accueillir mon droit à être heureuse tout en donnant un espace beaucoup plus vaste à mon écriture.

Ce que je sais déjà, c’est que mon histoire rejoint celle de millions et millions de femmes – à qui on a souvent demandé de se taire, de garder la souffrance à l’intérieur, ajoutant ainsi la solitude à la peine. Je pense à elles, à nous, à nos envies d’enfant restées suspendues.

Alexandra David-Néel vivra 100 ans. Une vie intense, vécue les yeux grands ouverts, poussée par sa curiosité, son courage, sa liberté, pressée par son envie d’accéder à la vérité, percer les mystères, traverser cette frontière fine entre visible et invisible.

D’un coup, le stress s’évanouit et je sens une joie immense qui monte du fond de mon ventre. Peut-être un cocktail d’endorphine, sérotonine et dopamine… Une porte s’ouvre et je sais que le meilleur est à venir.

Pour débrancher de la semaine écoulée, j’épluche des carottes. J’aime ce temps suspendu, cette ambiance d’hiver qui pousse à se réfugier en cuisine. J’aime ce moment où il n’y a rien à chercher, juste se mettre au diapason de l’activité des mains. J’en suis à la phase couteau et fines rondelles quand le téléphone sonne.