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Chronique de Nos Vies n°2 – DAVID ET LE GOUT DU YOGA

Tout a démarré à l’été 2015, en vacances. Par hasard, il a participé à un cours de yoga. Grand, mince, une silhouette nerveuse, les cheveux très bruns, des lunettes bleues, David n’a jamais été un fervent sportif, jamais attiré non plus par la culture indienne. C’est parce que l’opportunité s’est présentée qu’il a dit oui. Après tout, à la quarantaine, ça ne peut pas faire de mal de bouger, de s’étirer. C’était sa vision a priori : yoga = étirements. Et, en effet, le cours lui a confirmé qu’il y a des mouvements qui étirent les muscles. Le lendemain a aussi confirmé, par des courbatures douloureuses, que s’étirer régulièrement, cela pouvait être bénéfique. David venait de se rendre compte de la rigidité de son dos, de ses bras, de ses jambes, de sa nuque. Mais, tout de suite, il a senti que ce n’était absolument pas la question. La souplesse n’était en rien un objectif du yoga, une conséquence plutôt. Ce qui lui a plu, lors de cette première session, c’est le travail sur le souffle, ce mouvement de va-et-vient, intime, profond. L’aventure ne faisait que commencer.

De retour chez lui, il a exploré les cours à proximité de son travail et de son domicile. Il a testé plusieurs formules, tenté des stages. A chaque fois, des expériences intéressantes : découvrir de façon plus fine le fonctionnement de son corps et de sa respiration, aiguiser ses perceptions, gagner en force, en énergie, en fluidité. Oui, intéressant. Mais complètement insuffisant. Il y avait quelque chose, sans pouvoir nommer quoi, qui l’avait interpellé au début et qu’il n’était pas en mesure d’approfondir. Quelque chose au-delà de la pratique esthétique du yoga, au-delà de la performance, au-delà du mieux-être physique. Il a continué à chercher.

Il y a quelques mois, David a gouté à un style singulier : le yoga du Cachemire. Une révélation. Terminé les efforts pour pousser, se dépasser, risquer la blessure par un faux mouvement. Désormais, il est question de respect de soi et de ses limites. Désormais, le maitre mot est la disponibilité à ce qui se présente : accueillir la sensation, repérer qu’une tranquillité s’installe quand on se met au diapason de cette sensation. Plus de place pour le flottement de la pensée, plus de lutte avec la réalité : juste se glisser dans la pratique, avec toute sa subtilité, sans rechercher aucun dogme, aucune réponse, aucun effet particulier. Remarquer une nouvelle qualité de présence, d’attention, de connexion. Pratiquer, en cours, ou seul quelques minutes le matin, et laisser infuser cette pratique dans les autres moments de la journée. David sourit, parce que ce changement-là, si ténu paraît-il, est une révolution dans son vécu quotidien des émotions, dans la gestion du stress, de l’agacement, de la déception… Le yoga, comme apprentissage progressif d’une forme de sérénité intérieure. Le yoga, comme invitation à une autre ouverture.

Et vous, vous fréquentez un cours de yoga ? Vous en tirez quoi ?  Laissez un mot en commentaire.