Auteure | Conférencière | Coach Littéraire

2021 Chronique V16 – VOYAGE VOYAGE

Allongée sur l’herbe, apparait la traînée blanche d’un avion dans le ciel. Une vision qui me paraît soudain exotique…. Il me semble loin le temps des voyages par les airs – à l’heure de l’urgence écologique. Comme j’ai aimé parcourir le monde, arpenter cette Inde chérie qui m’a tant forgée, trainer mon sac à dos au Vietnam, en Argentine, au Mali, en Roumanie, rencontrer des sourires, des paysages, des assiettes colorées. Comme j’ai aimé et comme je mesure ma chance.

Enfant, ado, j’adorais lire les aventures d’Alexandra David-Néel, Fanny Stevenson, Pearl Buck, Isabelle Eberhardt, Karen Blixen… Des femmes exceptionnelles, capables de braver les conventions, de prendre des risques, pour assouvir leur désir d’exploration et d’altérité. Elles m’ont tant fait rêver : par leur vie intense, sans compromis, elles ont nourri en moi un imaginaire d’épopée et d’ailleurs. A dix-huit ans, j’ai eu ainsi l’impression d’être autorisée à partir loin et seule, rejoindre mes héroïnes par l’expérience, déployer mes ailes sur les cinq continents.

Comment résumer en quelques mots la richesse d’un voyage ? Chacun de mes périples m’a appris la confiance en la vie, la grâce de l’audace, la générosité de mes contemporains. Au-delà des frontières françaises, je sais que j’étais une autre – affranchie de moi-même, plus sereine, plus à l’écoute des autres. Mille fois j’ai été touchée par des gestes et des paroles de gens que je croisais sur la route. Des trésors qui ont contribué à me façonner. J’ai senti si souvent, qu’au-delà des différences culturelles, nous étions unis par la vérité de notre nature humaine.

Si je suis honnête, je dois dire que mes expéditions obéissaient aussi à une logique de fuite. En France, je ne trouvais pas ma place, je me sentais à l’étroit dans mon existence et mon identité. Il a fallu de nombreux voyages pour insuffler une dose d’intrépidité et de liberté dans mon quotidien.

Aujourd’hui, mes aventures sont littéraires, professionnelles, amicales, amoureuses. Moins romanesques ? Je ne sais, j’ai le sentiment d’habiter pleinement ma destinée. La vie que je mène, dans ses défis et ses bonheurs, me plaît. Et si je fais des erreurs dans mes choix, je les assume, j’en paie le prix, je me relève – avec toujours la même ligne de conduite, savourer chaque instant dans son unicité pour n’avoir aucun regret.

Pour cet été donc, pas de grand projet, pas de pérégrination en terres reculées – et c’est très bien. Aucun manque, aucune nostalgie. Ce qui a été vécu a laissé de précieux souvenirs : des textes que j’aurai plaisir à partager à nouveau avec vous, au cours des deux prochains mois. Quant au présent, qui invite à la sédentarité, il est tout aussi précieux, parce que mon regard est celui d’un émerveillement renouvelé, parce que j’ai conscience désormais que les péripéties peuvent advenir n’importe où, n’importe quand. Il y a tant de mystères à approcher, tant de joie à côtoyer, tant de miracles à faire surgir dans la douceur estivale.

Et vous, comment accueillez-vous la pause de l’été ?

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