Auteure | Coach Littéraire

Chronique vers la publication n°12 – ÉCRIRE QUAND LES FORETS FLAMBENT

Comme vous, cet été, j’ai lu avec inquiétude des articles sur les incendies dans les forêts du Brésil et du Congo. Des surfaces immenses qui partent en cendre, privant notre monde des zones précieuses qui absorbent le CO2 et régulent la température globale. Cercle vicieux : la chaleur fait démarrer des feux spontanés, les brasiers qui tuent les arbres privent la planète de “régulateurs thermiques”, et la température grimpe encore.

A d’autres endroits du globe, par ailleurs, on reportait davantage de sécheresse, des canicules, des inondations. Et maintenant la saison des ouragans débute. Difficile dans ce contexte de nier la réalité du changement climatique. Difficile de prétendre que tout va bien, que nous n’aurons aucune conséquence sur notre mode de vie de ces catastrophes qui ont lieu plus ou moins loin de chez nous.

Face à ces menaces, qui nourrissent un sentiment d’impuissance, que peut faire l’artiste ? À quoi sert le geste d’écrire, de peindre, de chanter, de danser, de broder alors que la tempête gronde ? Question difficile, qui exige de la lucidité. Je ne répondrai qu’en mon nom, pour le travail qui est le mien, à l’échelle modeste qui est la mienne.

Je crois que la crise actuelle est le résultat de plusieurs millénaires où nous, êtres humains, avons fait fausse route. Nous avons cru que la nature était entièrement à notre service, à notre disposition, avec un droit souverain de la détruire. Nous avons pensé que la nature était un élément extérieur à nous, ignorant l’interdépendance qui unit tous les éléments du vivant. Ignorant par exemple que nous sommes constitués d’eau. Ignorant que l’agriculture nous donne ses fruits si et seulement si nous prenons soin des terres, et de la biodiversité. Nous n’avons rien voulu savoir pendant longtemps des besoins de la faune et de la flore, du respect qu’ils méritent, alors aujourd’hui, face à notre bêtise collective, face à notre brutalité meurtrière, face à notre entêtement, les cours d’eau se rebellent, le feu consume les territoires, la mer monte mettant en danger des villes côtières…

Je crois que le rôle de l’artiste, et le mien en tant qu’autrice, est de recréer du lien entre les humains et le vivant. Par la poésie, que contient chaque geste artistique, recréer de l’émerveillement, par exemple pour les saisons qui sans cesse reviennent, pour les paysages qui nous mettent en contact avec la beauté et le plus vaste. Nous donner ainsi envie de développer de la bienveillance et de la protection pour le végétal, l’animal, le minéral. Nous relier au cosmos, par un sentiment surgi du coeur.

En outre, je crois au pouvoir des histoires, à leur dimension initiatique et symbolique, et je sais qu’on peut faire circuler, par le récit, d’autres idées, d’autres points de vue, d’autres façons de regarder le monde. Par des histoires, créer des bulles, en nous, de sensibilité, d’empathie, de douceur – d’abord les uns envers les autres. Et de là, aller vers plus d’attention au vivant, l’envie d’en prendre soin. L’artiste joue ainsi un rôle crucial dans le changement des mentalités et des représentations – changement nécessaire au passage à l’action. C’est ma conviction : en transformant nos relations avec la planète, alors nous aurons l’espoir de la sauver.

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Au fait, avez-vous vu l’expo de la fondation Cartier consacrée aux arbres ? Avez-vous vu d’autres œuvres récemment qui ont influencé votre vision de la Terre ? Laissez un mot en commentaire.

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