Auteure | Coach Littéraire

Chronique vers la publication n°11 – DU BONHEUR

Parfois la jeunesse est inaccessible. L’époque de la légèreté, de la densité du plaisir, de la saveur sucrée de la vie, cette saveur des cerises mûres, des pêches juteuses, des abricots tendres, cette époque – je ne l’ai pas connue. Ou si peu.

Pendant deux décennies, il a fallu reconnaître, apprivoiser et gommer les traces de la violence. Et les silences, les absences, les départs précipités. Tout ce qui nourrit les histoires que je pose sur le papier – toutes ces expériences humaines qui tricotent le réel, qui m’ont brisée et grandie, toutes ces émotions qu’il faut savoir regarder au microscope pour les décrire et les détisser. Fardeaux existentiels, matériau narratif. Être forte, être courageuse, être solitaire, lire, écrire, travailler, méditer, construire, persévérer, écrire encore.

Je crois que c’est en juin que tout a basculé. Soudain, alors que le soleil s’est mis à chauffer dans le ciel, j’ai ressenti une joie de plus en plus intense, de plus en plus fréquente. Une joie liée au chemin parcouru, l’intuition que le temps des récoltes enfin venait, un sentiment d’immense gratitude pour la vie qui est la mienne, pour cette lumière qui m’anime, pour la force que la littérature me donne.

Et puis, l’été s’est installé et quel été ! J’en ai savouré chaque minute. En juillet, je me suis offert une parenthèse plage et yoga. J’ai nourri mon corps des astres solaire et lunaire, de la mer, des forêts de pin… Moins exotique que mes voyages du bout du monde, moins confrontant que mes périples indiens… Tellement doux, tellement bon. En août, j’ai peuplé mes journées parisiennes du roman auquel je mets la touche finale, gardant du temps pour mes amis & mes amours, histoire de savourer la capitale délaissée et charmante… Et c’était tout aussi bon.

Cette année donc, alors que je franchissais le cap des 37 ans, j’ai rajeuni. En fait, j’ai plus que rajeuni, j’ai bondi dans le passé, j’ai repris un fil qui s’était cassé trop tôt.

Qu’est-ce qui a permis pareil basculement ? Il faudra l’écrire évidemment, écrire les étapes, écrire cet été fantastique. Écrire, surtout, cette prise de conscience, ce moment de grâce, quand j’ai compris que les drames qui nourrissent les livres, comme ils sont dans les livres, et bien on peut s’en détacher. S’autoriser à vivre autre chose qui sera neuf, libre, vivifiant. Où les larmes seront des larmes de joie.

Comprendre aussi qu’il y a un temps pour tout et qu’on peut, contrairement à ce que dicte l’idéologie courante, contrairement à cette image fausse de l’artiste comme personnage torturé, on peut créer depuis un espace qui est un espace heureux, serein. Au cours de cet été délesté des tracas, j’ai constaté que ma plume était disponible, fluide, à l’écoute de ce qui se présentait dans mon esprit. Et écrire augmentait mon bonheur. Cercle vertueux.

C’est donc avec joie que je vous retrouve en ce mois de septembre, pour mes chroniques bimensuelles, pour des publications poétiques, pour vous parler de mes lectures. Faire mon boulot d’auteure encore et encore, contribuer humblement par quelques mots à semer de la beauté, à dire ce qui est douloureux ET ce qui heureux, évoquer le sentier vers le plus vaste, le plus intense, le potentiel créatif que nous portons tous et toutes.

Pour finir, alors que la rentrée nous entraine dans une nouvelle danse, parce que cet été j’ai eu la chance de le vivre, du fond de mon cœur, je vous souhaite cela : trouver à votre tour votre bonheur, plein, lumineux.

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D’ailleurs, quel est votre état d’esprit pour cette rentrée ? Laissez un mot en commentaire.

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