Auteure | Coach Littéraire

Chronique vers la publication n°4 – SOUS LA FINE COUCHE DU RÉEL

Il y a comme un malentendu. Lire un roman, flâner dans une galerie, écouter du jazz, applaudir des comédiens, tout ce fatras d’émotions, de sensations, de feu – du luxe ? De l’attraction à touristes ? Pour les élites, pour les désœuvrés ? Mais depuis quand l’art est divertissement ? Depuis quand l’art détourne de l’essentiel ? Depuis quand l’art est destiné à une minorité ?

Les artistes offrent leurs productions à la terre entière : s’y nourrit qui veut s’y nourrir. Car l’art nourrit, généreusement, amplement, divinement. L’art, depuis toujours, donne de quoi tenir, faire face, résister à l’effondrement. Parce que, et ce serait si facile de l’oublier, notre époque n’est pas pire qu’une autre. Le monde a toujours été champ de ruine, désert aride, solitude, maladie, pauvreté et mort. La guerre, aujourd’hui nommée terrorisme, a toujours fait partie de l’expérience humaine. Tout comme le désespoir, la colère, la haine, la trahison, la jalousie. La vie est tragique. Hier, elle l’était ; demain, elle le sera.

Au milieu de nos existences, il y a la joie qu’on approche, l’amour qu’on effleure, le plaisir qu’on vole. L’art est le lieu de la beauté. De la vérité. De la communion. Au-delà des mots, des explications, au-delà de tout ce qui nous meurtrit. Là où nos âmes ressuscitent. Il suffit de trois notes de musique, même mélancoliques, il suffit de quelques vers, même désenchantés, il suffit de quelques pas de danse, même saccadés, pour aller mieux, pour sentir que quelque chose en nous est traversé, qu’on est rejoint dans la peine, qu’on est accueilli dans notre angoisse. L’art ne ment pas, l’art dit que parfois la vie agresse, se brise, échappe. Les artistes en faisant écho à nos drames nous permettent d’y survivre. Ils nous montrent un autre chemin, un autre sens, sous la fine couche du réel.

Je le sais parce que je fais partie de ces gens qui tanguent, qui passent du rire aux larmes. Je connais bien le découragement. Comme je connais la persistance. Je lutte pour ne pas perdre de vue mes rêves. Je lutte pour me réinventer quand la vie me bouscule. Je lutte pour rester présente et m’ouvrir à ce que je ne contrôle pas. L’art, sous toutes ses formes, reste le lieu où je me réchauffe. C’est là où mon esprit se repose. C’est au contact de l’art que je ressens que la vie est éblouissante. C’est pour cette intensité ressentie que je m’aventure, à mon tour, dans la création artistique, dans la création littéraire. M’inscrire dans ce courant qui me dépasse, c’est comme rendre un peu de tout ce que j’ai reçu.

Pour conclure ces quelques lignes, j’ai envie de partager mes derniers chocs esthétiques. Dans la dernière semaine, il y en a eu trois : un concert de Clara Luciani pour sa voix si grave, si enveloppante ; une balade en bateau-mouche pour admirer une fois encore l’architecture de Paris ; la lecture de poèmes écrits par des poétesses de la Beat Generation pour leur sensibilité et leur douce folie. Dans les trois cas, des instants de bonheur brut !

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Et vous, quel est votre dernier choc esthétique ? Laissez un mot en commentaire.

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