Auteure | Coach Littéraire

Chronique vers la publication n°8 – INSPIRATION & ASPIRATIONS

C’est un mythe tenace. Ce serait un processus magique, facile, plaisant. Ce mythe, c’est celui de l’inspiration. Écrire serait le résultat d’un phénomène proche du surnaturel : se planter devant une feuille et hop l’histoire, les personnages, les mots arriveraient.

Assez loin de la réalité du métier : la création littéraire exige du temps et du labeur, car le projet doit mûrir en plusieurs étapes, après des tâtonnements, des doutes, des recherches. Cela se fait en écrivant beaucoup, en retravaillant ses pages, en coupant, en affinant, en creusant son propos, que ce soit pour huiler les ressorts narratifs, pour cerner les ambivalences d’un protagoniste, pour aiguiser son style. Quand on plonge dans un projet de livre, on doit négocier entre, d’un côté, les codes littéraires qui permettent que le projet tienne debout, et, de l’autre, l’espace qu’exige une créativité qui dit quelque chose de soi, de son rapport au monde. Le défi est de trouver de la joie dans cette négociation intense.

C’est en partie ce mythe de l’inspiration qui explique que les auteurs sont les moins payés de la chaîne du livre (ce qui a mené à de récentes mobilisations, et l’apparition du mouvement #PayeTonAuteur). La question du financement, question épineuse. Comme la littérature rémunère très peu, il faut exercer une autre activité tout en jonglant pour avancer dans ses projets littéraires, puis les défendre quand ils sortent en librairie.

Aujourd’hui, par ailleurs, une sortie de livre se prépare en amont. Il faut communiquer sur les réseaux sociaux, rencontrer des bibliothécaires et des profs pour planifier des sessions de lecture publique, participer à des salons, décrocher si possible des interviews dans les médias… Ainsi, les auteur.e.s sont à la fois extrêmement sollicités et extrêmement proactifs. Impossible d’exercer ce métier en vivant comme un ermite, en attente d’une inspiration céleste, flottant au-dessus des considérations du marché de l’édition.

Parfois, quand je rame, quand la fatigue me submerge, je me dis que c’est complètement fou de vouloir vivre de ce métier, que je n’y arriverai pas, malgré mes efforts et mon obstination. Ensuite je réfléchis à ce que je pourrais faire d’autre. Aucune réponse ne vient. Fondamentalement, il n’y a que ça qui m’intéresse, la littérature et ses mers profondes. Ce qu’elle me permet d’apprendre chaque jour, ce qu’elle me pousse à comprendre, les territoires qu’elle m’oblige à fréquenter. Alors tant pis, je me débrouille pour faire sans les gros sous, le temps libre, la stabilité d’un emploi salarié : écrire, c’est mon moteur pour me lever le matin, ma boussole dans la tempête, l’aspiration ultime de mon âme fragile.

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Et vous, qu’est-ce qui vous plait dans votre métier ? Laissez un mot en commentaire.

> Pour vous renseigner sur les enjeux du métier d’écrivain, voici les sites à regarder : https://ligue.auteurs.pro/ et https://sgdl.org/

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