
2025 / 6 : RÉSISTER AU DÉSESPOIR
Alors que les sirènes du désespoir deviennent assourdissantes, il est bon de se souvenir que nous avons, entre nos mains, des moyens simples, accessibles, de s’opposer à la peur et à l’écrasement.

Alors que les sirènes du désespoir deviennent assourdissantes, il est bon de se souvenir que nous avons, entre nos mains, des moyens simples, accessibles, de s’opposer à la peur et à l’écrasement.

Évidemment, j’ai été heureuse que l’adolescence se termine. M’extraire de la pression et du jugement de mes pairs, ne plus avoir à rentrer dans un moule étriqué, sortir de l’obsession des apparences – me permettre d’être moi, et surtout découvrir les autres.

Comme il est confortable de se débarrasser de sa propre responsabilité, comme il est facile de jouer la carte du rejet, de l’humiliation, de la brutalité. Désagréable de regarder en face cet aspect de la nature humaine.

Sur les routes du monde, à plusieurs reprises, j’ai refait cette expérience : être accueillie et chouchoutée par des inconnus.

Qu’avons-nous envie de créer pour nous, et pour les futures générations ? Cette semaine, j’ai pensé à Martin Luther King, à son fameux discours de 1963, « I have a dream ». A mon tour, je me suis mise à rêver.

Regarder, depuis la rue, la vie dans la boutique, cette vie à laquelle il n’appartient pas, lui qui n’a pas de billet à dépenser, lui qui n’a pas de papiers à présenter, lui qui n’a pas le droit de travailler dans cette ville.

Je regarde le frère et la soeur vivre leur enfance, pleinement, gaiment, et moi-même j’oublie tout le reste, je suis avec eux, dans le vacarme de leur moment de complicité.

Par toutes les traditions spirituelles, nous sommes invités à ressentir avec le cœur, à interagir au quotidien avec bienveillance, à limiter les jugements et projections fabriqués par la tête. En fait, c’est par l’Amour que nous pouvons vivre cette expérience de l’unité.

Car nous avons tous des envies et des talents. Et l’essentiel, c’est d’abord de les reconnaître. D’y croire. De croire en soi. De croire qu’on a des cartes à jouer, des contributions à apporter autour de nous.

Éloge du mouvement, recevoir, donner, parfois c’est toi, parfois c’est moi, l’aide circule, ça tourne, ce qui compte, c’est d’agir ensemble, de franchir ensemble les épreuves, comme des occasions de ressentir de l’amour.