
2021 Chronique V8 – VIE MORT VIE
J’aime être au diapason de ce qui se joue sur le terrain symbolique. Là, je sais que l’invitation du calendrier est d’interroger ce qui doit mourir en soi pour mieux renaitre, vert, vibrant, parfumé.

J’aime être au diapason de ce qui se joue sur le terrain symbolique. Là, je sais que l’invitation du calendrier est d’interroger ce qui doit mourir en soi pour mieux renaitre, vert, vibrant, parfumé.

Et si l’époque nous faisait le cadeau de nous inviter à embrasser la liberté de façon radicale ? Une liberté qui se résumerait à notre essentiel… Quel est mon essentiel, comment je chemine dans son sens, comment je m’y attèle avec toutes mes forces de vie ?

Je crois que je n’avais jamais choisi une destination avec le projet d’y être heureuse. J’étais tellement convaincue que pour avoir une contribution dans le monde, il fallait souffrir soi-même.

Parce que Mandela aurait sûrement quelques indications sages à nous donner, lui qui a passé 27 ans enfermé. 27 ans. Un morceau immense de sa vie.
Je courais sans cesse. La sensation d’une intensification de la cadence, le vertige d’une accélération avec risque de surchauffe. Comme vous, peut-être.
Plus tard, il m’écrit, prend de mes nouvelles, me demande quand je reviens, et lance « Je t’attends ».
Déménager dans une autre ville, c’est l’occasion de se réinventer, de couper avec ce qui encombre, pour dessiner des choix plus audacieux, plus cohérents, plus proches de ses désirs profonds.

Finalement, la décision s’est imposée. Quitter Paris, quitter cette fourmilière urbaine où je me dessèche. Construire ma vie ailleurs.

La beauté, dans les landes, on la voit partout. Forêts denses, aux arômes de pin, si théâtralement verticales, vent qui sculpte les dunes, soleil qui devient orange avant de tomber dans la mer…

Vous savez, ce sentiment d’intimité, de complicité immédiate. Jérémie a dit : « je prends votre manteau et je vous emmène au bac »… Une phrase absolument banale et j’ai su que le courant passerait entre nous.