Auteure | Coach Littéraire

M’Chroniques n°4 – MARATHON INTERROMPU

L’impression d’être montée dans un TGV qui n’arrive jamais à destination : voilà mon ressenti depuis des mois. La sensation d’une intensification de la cadence, le vertige d’une accélération avec risque de surchauffe. La décision de partir habiter à Marseille a suscité une tornade dans mon quotidien. Quitter mon appartement parisien, trouver un toit dans la cité phocéenne, jongler avec l’administratif qui en découle, faire face à un supplément de travail comme si le changement de lieu créait des conditions nouvelles dans tous les domaines… Je courais sans cesse.

Comme vous, peut-être.

Tant à faire. Je sentais la fatigue oppresser de plus en plus mon corps. Avec des bouffées d’angoisse de temps en temps. Vais-je y arriver ? Je savais que le changement était positif mais j’étais prise à la gorge par de vieilles habitudes, de vieilles peurs. « Il va y avoir un problème, ça ne va pas marcher ». Une partie de moi n’y croyait pas à ce grand bouleversement. J’étais pourchassée par les mauvais souvenirs, les nuits où je me réveillais en me demandant comment j’allais payer mes factures, les crises de larmes post-divorce, les journées où la solitude se faisait si pesante…. Il me fallait des efforts titanesques pour repousser fatigue et angoisses, pour continuer à courir, avec dans les oreilles de la musique, le volume fort dans mes oreilles, pour tenir, pour me donner une énergie qui me manquait.

Comme vous, peut-être.

Et puis, voilà qu’est arrivé ce que personne, jamais, n’aurait pu prévoir. Le monde s’est arrêté. Fini, d’un coup, la course folle. Retour à la maison. Au début, j’ai paniqué. Le déménagement était prévu pour le 27 mars. Comment faire avec mes cartons ? Et comment gagner ma vie, moi qui exerce en indépendante, si certains projets sont annulés ? Deux jours d’inquiétude – avec un passage ubuesque au supermarché, à me demander ce que je voulais manger dans ce contexte de fin du monde.

Comme vous, peut-être.

Mais lundi, enfin, retour au calme. Déménagement repoussé. Peut-être des indemnités venant du gouvernement. On verra. Accepter ce qui s’impose. En attendant, soudain, un présent qui devient plein d’espace. Avoir du temps pour trier toutes mes affaires avant de les mettre dans des boites, dans 15 jours, un mois, deux, quand on pourra repartir dans le mouvement. Du temps pour faire du yoga tous les jours, ce que jusque-là je n’ai jamais réussi à instaurer. Du temps pour apprendre l’italien, alors que mon cœur bat à nouveau, pour un homme qui habite de l’autre côté de la frontière (voir chronique n*3 « Mamma Mia »). Du temps pour le travail poétique que j’adore mener pour vous, du temps pour lire, du temps pour écrire, du temps pour dormir, du temps pour danser dans mon salon, et toujours du temps pour travailler avec mes client.e.s qui sont plongés eux-mêmes dans l’écriture d’un livre. Des journées denses et joyeuses en perspective. Un autre rythme à épouser pour apprivoiser ces journées. Trouver le bon rythme, voilà ma nouvelle priorité.

Comme vous, peut-être.

J’ai confiance, en moi, en nous, en la vie. On va trouver quoi faire de cette époque suspendue. On va trouver comment traverser ces journées. En sachant que nous avons tous rendez-vous, très bientôt, avec le printemps et l’été. Oui, bien sûr, il y aura des épreuves, maintenant, demain. La confrontation avec ce qui est inconnu, un tel changement dans nos routines, va créer des turbulences. Nous allons apprendre, nous allons grandir, de façon à accueillir, après ce temps de retrait en ermitage, le temps des récoltes… Alors, gardons le cap, et haut les cœurs !

Et vous, en cet étrange mois de mars, que vous permet cette interruption du marathon ?

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