
2022 / 22 : AUGMENTER LA DOSE
Pour contribuer à notre mesure, pour mobiliser notre esprit et nos ressources, j’ai la conviction que c’est important d’aller bien. L’être humain est plus créatif quand il est relativement apaisé.

Pour contribuer à notre mesure, pour mobiliser notre esprit et nos ressources, j’ai la conviction que c’est important d’aller bien. L’être humain est plus créatif quand il est relativement apaisé.

Soudain, je me lève, prends place devant le groupe. Je tourne la tête et plante mon regard dans celui de Myriam : tu chantes avec moi ? Elle acquiesce, comme si elle attendait la question. Elle me rejoint, ferme un instant les yeux, concentration.

Qu’avons-nous envie de créer pour nous, et pour les futures générations ? Cette semaine, j’ai pensé à Martin Luther King, à son fameux discours de 1963, « I have a dream ». A mon tour, je me suis mise à rêver.

Très étonnant ce calme, vraiment. J’entends les coups de klaxon, je vois les mimiques énervées – je n’en reviens pas de rester si zen. D’autant plus que c’est une grande première pour moi de conduire seule – et j’ai visiblement choisi le moment et le lieu pour une première.

Voilà un an que mon âme absorbe les vitamines que sont la luminosité, la mer, l’ambiance de la ville, la présence des calanques, toute la beauté de la Provence… Je n’ai aucune racine dans ce coin de la France et pourtant, je sens qu’ici je suis sur ma terre.

J’aime être au diapason de ce qui se joue sur le terrain symbolique. Là, je sais que l’invitation du calendrier est d’interroger ce qui doit mourir en soi pour mieux renaitre, vert, vibrant, parfumé.

Les efforts, évidemment, on sait tous en fournir… Mais cette grâce, comment la trouver puisqu’elle ne dépend pas d’un acte de volonté ?

Proposer un cessez-le-feu, puis inviter nos partenaires à jouer une autre partition, délivrée des habitudes de mépris, de pouvoir, de brutalité. Les inviter depuis un autre espace en soi que celui de la belligérance. Dialoguer avec eux depuis cette partie en soi reliée au cosmos, cette partie d’amour, qui ne se résume pas à une formule.

Je sais que pour croitre, et pour que cette croissance rejaillisse positivement autour de moi, j’ai besoin de soutien. Comme la plante qui est arrosée, comme la fleur qui pompe et transforme la lumière.

Parler sans plus s’arrêter, parler comme jamais, dans une complicité qu’on croyait perdue, qu’on pensait avoir abandonné à la fin de l’adolescence, sur des photos décolorées.