
2021 Chronique V19 – VOULOIR DES MOTS DOUX
Aujourd’hui, j’ai envie d’aller plus loin, me faire ambassadrice des mots doux. Parce que la douceur n’empêche pas l’intensité. Parce que la vérité n’a pas besoin des habits de la dureté.

Aujourd’hui, j’ai envie d’aller plus loin, me faire ambassadrice des mots doux. Parce que la douceur n’empêche pas l’intensité. Parce que la vérité n’a pas besoin des habits de la dureté.

Je regarde le frère et la soeur vivre leur enfance, pleinement, gaiment, et moi-même j’oublie tout le reste, je suis avec eux, dans le vacarme de leur moment de complicité.

Ce mouvement des secondes, c’est le battement de notre cœur. Tu es en vie, nous dit-il. Tu n’as qu’une vie, ajoute-t-il, un brin sérieux. Alors choisis, murmure-t-il, choisis ce que tu mets dans tes journées, dans tes pensées, dans tes projets.

Évidemment, il faut partir un jour. Évidemment, à 98 ans, on peut dire que tu as profité de ta vie, mon Pierre. Évidemment, je suis triste. Savoir que viendraient les adieux, le savoir avec la tête, n’empêche pas le chagrin qui pèse là, sur ma poitrine.

Comme souvent, la vie, joueuse, a décidé de me tester. Car la vie sait qu’il faut ramener les grandes questions dans le concret, le quotidien, le minuscule. Ah bon, m’a-t-elle dit, tu crois en l’Amour ?

Par toutes les traditions spirituelles, nous sommes invités à ressentir avec le cœur, à interagir au quotidien avec bienveillance, à limiter les jugements et projections fabriqués par la tête. En fait, c’est par l’Amour que nous pouvons vivre cette expérience de l’unité.

Car nous avons tous des envies et des talents. Et l’essentiel, c’est d’abord de les reconnaître. D’y croire. De croire en soi. De croire qu’on a des cartes à jouer, des contributions à apporter autour de nous.

Frustrations d’automne, quand le froid entre en soi, quand le blues morose envahit l’esprit. Coup de mou. C’est la vie, hein. Pour connaître des hauts, il faut accepter de vivre des bas.

Le lieu est étrange : un ancien couvent, successivement transformé en prison pendant la révolution française, en caserne au XIXème siècle, et depuis quelques années, lieu de stage pour âmes en recherche.

Le père jette un œil dans le rétroviseur. Nina, habillée en rose, se réveille. Il aperçoit son visage froissé, hébété, collé contre la coque noire du siège auto. Est-ce qu’elle va demander maintenant ?