
2021 Chronique V11 – VERTU DU VACARME
Je regarde le frère et la soeur vivre leur enfance, pleinement, gaiment, et moi-même j’oublie tout le reste, je suis avec eux, dans le vacarme de leur moment de complicité.

Je regarde le frère et la soeur vivre leur enfance, pleinement, gaiment, et moi-même j’oublie tout le reste, je suis avec eux, dans le vacarme de leur moment de complicité.
S’est imposé le silence. Dans la forêt, à un moment, il n’y a plus rien à exprimer. Accepter d’être imbibée de son atmosphère fertile et colorée, entrer en communion avec tout ce qui murmure, chatoie, caresse.

La poésie se veut invitation à ouvrir nos capteurs, arrêter le temps, embrasser l’énigme merveilleuse qui fait pulser le vivant, les fleurs, les grains de sable, les étoiles.

J’aime être au diapason de ce qui se joue sur le terrain symbolique. Là, je sais que l’invitation du calendrier est d’interroger ce qui doit mourir en soi pour mieux renaitre, vert, vibrant, parfumé.

Les efforts, évidemment, on sait tous en fournir… Mais cette grâce, comment la trouver puisqu’elle ne dépend pas d’un acte de volonté ?

Proposer un cessez-le-feu, puis inviter nos partenaires à jouer une autre partition, délivrée des habitudes de mépris, de pouvoir, de brutalité. Les inviter depuis un autre espace en soi que celui de la belligérance. Dialoguer avec eux depuis cette partie en soi reliée au cosmos, cette partie d’amour, qui ne se résume pas à une formule.

Je sais que pour croitre, et pour que cette croissance rejaillisse positivement autour de moi, j’ai besoin de soutien. Comme la plante qui est arrosée, comme la fleur qui pompe et transforme la lumière.

Parler sans plus s’arrêter, parler comme jamais, dans une complicité qu’on croyait perdue, qu’on pensait avoir abandonné à la fin de l’adolescence, sur des photos décolorées.

Si tout est passager, si tout est traversée de viaduc, alors le plus gros du boulot, c’est d’apprivoiser le vertige. Résister à la peur, la méfiance, le repli, la paralysie, la nausée. Avancer et rester du côté de la confiance.

Et si l’époque nous faisait le cadeau de nous inviter à embrasser la liberté de façon radicale ? Une liberté qui se résumerait à notre essentiel… Quel est mon essentiel, comment je chemine dans son sens, comment je m’y attèle avec toutes mes forces de vie ?